Remède de cheval pour le CHU de Nantes
A plusieurs reprises, le personnel du CHU de Nantes a protesté contre le gel des embauches et des remplacements. Photo : Archives Ouest-France
Le CHU de Nantes veut sortir par le haut de ses difficultés. Et s'affirmer comme la référence du grand Ouest, une fois résorbé son déficit.
Comment en est-on arrivé là ?
Déficit : 33 millions d'euros. L'an dernier, la situation financière du CHU de Nantes se dégrade de façon brutale et importante. Déjà en déficit chronique depuis des années, le CHU se retrouve pénalisé par la nouvelle tarification, à l'activité, qui remplace les forfaits. Établissement recours pour tout l'Ouest, Nantes accueille les cas les plus délicats, mais la rémunération ne suit pas. Même problème avec les missions sociales.
Pour ne rien arranger, « les dépenses de personnel ont explosé de façon imprudente alors que l'activité était à la baisse », rappelle le député maire socialiste Jean-Marc Ayrault, président du conseil d'administration. Alors qu'il veut créer un nouveau site (thorax, néphrologie, biologie, recherche thérapeutique), le CHU se retrouve incapable d'apporter des ressources financières internes. Une situation intenable.
Une pilule amère
Envoyé en mission par le ministère, Daniel Moinard, prend les commandes fin avril. Il propose un plan auquel adhère Jean-Marc Ayrault. Première étape : résorber le déficit dans un délai de quatre ans. La masse salariale est bloquée à son niveau de 2007. Le CHU ne renouvellera pas 150 postes contrats de remplacement, et 150 recrutements sont annulés. En même temps, il doit revoir ses organisations pour être plus performant, plus attractif, augmenter ses ressources et son activité. « Comment faire face à cette augmentation sans moyens humains ? » remarquent les représentants de salariés pour lesquels la pilule est amère.
Un nouveau CHU
Le plan comporte un ambitieux volet de modernisation. Jean-Marc Ayrault veut sortir de la crise « par le haut ». Daniel Moinard propose de regrouper les activités aujourd'hui dispersées sur plusieurs sites, et de créer un campus hospitalo-universitaire de premier plan autour d'un plateau technique (bloc opératoire, biologie, imagerie médicale, exploration fonctionnelle) qui en constitue la clef de voûte.
« Nous avons ici des équipes médicales de tout premier plan, connues du monde entier. Maintenant, il leur faut un cadre au niveau de leur performance », explique le directeur. Pour le nouveau CHU, Jean-Marc Ayrault s'engage à fournir les terrains, dans l'île de Nantes. Et à y faire passer le tramway. En contrepartie s'imposent la fermeture de l'hôpital Laënnec (situé au nord de Nantes) et le transfert de l'historique Hôtel-Dieu du centre-ville, jugé inadaptable à l'évolution de la médecine moderne.
Et maintenant ?
Le conseil d'administration et les médecins ont approuvé le plan. Jean-Marc Ayrault doit rencontrer la ministre de la Santé Roselyne Bachelot et le Premier ministre François Fillon. Il va leur demander d'accompagner financièrement les efforts du convalescent.
« Donnant donnant », résume le directeur. D'un côté un traitement lourd pour redresser la barre. De l'autre l'aide de l'État qui reste à convaincre de l'efficacité des remèdes. La mission d'aide à l'investissement hospitalier doit examiner le projet à la loupe. Conclusions en octobre.
Marc LE DUC.
Ouest-France