Édition du mercredi 21 février 2007
Resto du pont-levis : « Enfin sorti de l'enfer ! »
« Je suis installé en face de l'entrée principale du château depuis 1988. J'ai tout subi des travaux et des trois ans de fermeture du château. Il était urgent qu'il rouvre. Trois mois de plus et je mettais définitivement la clé sous la porte ! » Philippe Bertin, patron du restaurant le Pont-levis, situé en face de l'entrée principale du château, rue des États, retrouve peu à peu son sourire. Non seulement parce qu'avec la réouverture du joyau architectural nantais, les clients reviennent doucement (une moyenne de dix couverts depuis début février, sur une possibilité de soixante), mais, également, parce qu'il ne subit plus les multiples désagréments des travaux de rénovation du château : «J'ai eu droit à tout : tous les accès au restaurant bouchés au quotidien par une multitude de poids lourds et d'engins de travaux publics. J'ai subi des goulettes de gravats qui atterrissaient dans un nuage de poussière irrespirable dans des bennes installées devant le restaurant. J'ai encore dans les oreilles le bruit infernal des tronçonneuses à pierre qui fonctionnaient toute la journée, sans interruption, même le midi ! Sans oublier le dépavage et le repavage des rues riveraines du château. Tout cela a fait fuir les clients du restaurant. »« Mal dormi pendant près de trois ans »Pendant ces trois ans, Philippe Bertin n'a pas dormi sereinement toutes les nuits : « Mon chiffre d'affaires a baissé de 50 % dès 2003. J'ai dû licencier deux personnes. J'ai réussi à payer régulièrement les quatre autres salariés et le loyer. Par contre, j'ai interrompu le paiement des impôts et des taxes. C'était vraiment impossible. »Aujourd'hui, Philippe Bertin espère une indemnisation de la mairie. Car, même si les touristes et les Nantais retrouvent le chemin de son restaurant, cela ne lui permettra jamais de rattraper ces trois années de chiffre d'affaires perdues.
Ouest-France