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Rue Boileau, en plein centre de Nantes. Les pompiers ont procédé au déblayage des gravats. La police technique et scientifique a effectué des relevés. Les policiers municipaux ont empêché l'accès à cette rue très commerçante. « Il y a eu un mort, n'est-ce pas ? » interroge, inquiète, une voisine qui habite l'immeuble d'à côté. C'est ici, en effet, au deuxième étage du 8, rue Boileau, qu'une jeune fille de 25 ans a perdu la vie, tôt dimanche matin, dans un incendie. Vers 6 h, le feu, d'origine accidentelle, s'est déclaré dans l'appartement. Trois des occupants ont réussi à s'enfuir, l'un par l'escalier et les deux autres par la fenêtre. Pauline God, originaire de Trébeurden, dans les Côtes-d'Armor, est restée prisonnière des flammes.
Entre 1,5 million et 2 millions d'euros de préjudice
Les pompiers ont travaillé pendant 24 heures pour venir à bout de l'incendie qui s'était propagé aux combles. Au rez-de-chaussée, le magasin de vêtements pour femmes, Zapa, a été dévasté par l'eau des lances. Une source proche du dossier estime qu'il faudra environ un an avant de pouvoir rouvrir la boutique. Le directeur national de l'enseigne se rendra sur place ce mardi. Par ailleurs, un spécialiste chiffre le préjudice pour l'ensemble de l'immeuble à une somme comprise entre un million et demi et deux millions d'euros.
L'immeuble, construit à la fin du XIXe siècle, ne figure pas sur la liste des bâtiments vétustes de la mairie. La Ville a repéré 160 logements très dégradés dans un périmètre compris entre la cathédrale, le Bouffay et le cours des Cinquante-Otages. Certes ancien, il a néanmoins subi d'importants travaux de rénovation il y a une vingtaine d'années. La mairie a pris un arrêté d'interdiction d'accès à l'immeuble. « Ce n'est pas un arrêté de péril, précise Gilles Nicolas, adjoint à la sécurité. L'immeuble ne menace pas de s'effondrer. » C'est une disposition pour protéger les personnes. En cas de chute d'un élément à l'intérieur des appartements.
Avant l'arrivée de Zapa, c'est le magasin de meubles La Boutique écossaise qui occupait les locaux. L'immeuble est géré par un syndic de copropriété. Ses responsables se sont rendus sur place hier pour estimer avec l'expert l'étendue des dégâts.
Ce drame interroge à nouveau sur la nécessité d'installer des détecteurs de fumée dans les habitations. Dans certains pays (Grande-Bretagne, États-Unis, Pays-Bas, Belgique...), la loi les a rendus obligatoires. Les détecteurs de fumée ont permis de diminuer de 50 % le nombre de victimes en quelques années. Précieux quand on pense que, statistiquement, dans un incendie, on n'a pas plus de trois minutes pour fuir.
Vanessa RIPOCHE.
Lire aussi en page 6 : « Incendie à Nantes, l'accident est confirmé »