Rugby : Le Sporting Nazairien avance sans tête
Candidat au poste de CTR, Thierry Gatineau, qu'il obtienne ou non le poste, ne devrait plus être l'entraîneur du Sporting Nazairien la saison prochaine. Photo : Michel Fraudeau
Fédérale 1. Thierry Gatineau en partance, un entraîneur néophyte et un recrutement qui tarde : nouvelle saison galère au Sporting Nazairien ?
C'était son souhait numéro un, une condition sine qua non pour ne pas connaître une nouvelle saison délicate. Thierry Gatineau souhaitait conserver son effectif en lui ajoutant quelques recrues. Aujourd'hui, à dix jours de la reprise de l'entraînement, le Sporting Nazairien se voit pourtant amputé de nombreux éléments. Ainsi, Benjamin Quignon (Rennes), Joachim Fraudeau et Samuel Detchenique (Niort), Mathieu Lopez, Jan Rohlik, Yoann Fédéré, Samuel Olivier et Joseph Ilharréguy ont tous quitté le club pour diverses raisons. Thierry Gatineau a donc été désavoué. Question budgétaire ou choix purement sportif ? Sûrement, un peu des deux.
Mais une chose est certaine, rarement le technicien nazairien n'aura été si proche de la sortie. Après quatre années de Fédérale 1, Thierry Gatineau avait paru épuisé à la fin de la saison dernière. Il avait alors parlé de « fin d'un cycle. » Aujourd'hui il ne s'en cache plus, il ambitionne de devenir Conseiller Technique Régional, en lieu et place de Pierrick Moison, récemment mis sur la touche. « Si je suis choisi (les entretiens se déroulent lundi, le nom du nouveau CTR sera révélé dans les heures qui suivront N.D.L.R.), ce serait une évolution logique par rapport à ma carrière rugbystique et ce serait aussi l'opportunité de faire de ma passion, mon métier. C'est un poste qui me plairait car à la fois tu entraînes, tu formes, tu travailles sur toute une région avec peut-être parfois des missions nationales. En plus, je connais bien la région », explique-t-il.
En cas de succès, il lui faudra alors renoncer à son poste d'entraîneur du Sporting Nazairien comme le précise son président Paul Chantrel. « Le poste de CTR n'est plus un emploi d'état, c'est un emploi fédéral. Il est hors de question qu'un CTR entraîne un club. Thierry candidat, ça bouleverse beaucoup de choses pour nous. Son acte de candidature nous a obligés à rechercher un autre entraîneur. »
Un nouvel entraîneur déjà en place
Cependant, et c'est peut-être un signe avant-coureur du délitement des relations entre l'entraîneur et ses dirigeants, c'est avant que Thierry Gatineau ne fasse acte de candidature que le club nazairien avait recruté son adjoint : Fabrice Gaudet, conseiller technique à Mayotte et tout jeune technicien. Ancien joueur à Auch et à Bourg-en-Bresse (avec Teddy Veuillet, l'actuel capitaine du Sporting), permanent au SNR, il aura en charge la gestion des avants. Mais lesquels ? « L'année dernière, on était en pénurie de 3/4, là on manque d'avants, s'inquiète un joueur. On n'a que quatre premières lignes (Ségur, Drogon, Esakia, Gaubert N.D.L.R.). On est un peu perplexe et ce d'autant plus que cela fait longtemps que l'on a assuré notre maintien. »
Le club devrait annoncer dans les prochains jours le nom de l'entraîneur principal pour la saison 2008-2009. Il n'est pas impossible que Thierry Gatineau prolonge l'aventure, mais tout porte à croire qu'il y aura bien une nouvelle tête sur le banc de touche nazairien. Elle découvrira deux recrues : Johan Fornier (demi de mêlée, Rumilly) et Moussa Koita Gros, un ailier sénégalais, meilleur marqueur d'essai de Fédérale 2 la saison passée avec Montmélian. Les transferts des deux Gallois internationaux ¯ 20 ans Johann Griffiths et Nick Harwood sont eux tombés à l'eau. Le club est aussi en quête de deux nouveaux piliers.
À dix jours de la reprise de l'entraînement, le Sporting Nazairien avance donc encore un peu dans l'inconnu. Et presque sans tête...
Ouest-France