Saint-Clément veut garder son îlot de verdure
À l'image de Christian Marenne, les habitants du quartier aimeraient conserver leur « petit coin de paradis ». : Photo X.B.
Dans le quartier Saint-Clément, les habitants se mobilisent contre la construction de deux immeubles abritant une centaine de logements à l'emplacement d'un jardin apprécié de tous.
C'est un bonheur de jardin, caché derrière un beau mur de pierre qui en fait tout le tour. Un petit bout de nature entouré de maisons et d'immeubles, entre la rue Monfoulon et la rue du Colonel-Boutin.
Avec des herbes folles, des fleurs, des groseillers, des pêchers, de la vigne vierge. Et ça et là, quelques parcelles cultivées où poussent des tomates et des salades.
Depuis des années, les habitants du quartier se sont approprié le lieu, longtemps propriété de l'Évêché. « C'est un endroit où les gens aiment se retrouver pour discuter, jardiner, profiter de la nature », expliqueChristian Marenne, dont la maison donne directement sur cet îlot de verdure préservé. « Un petit coin de paradis », résume Loïc Daniele, jardinier.
Du béton et un « mail vert »
Mais « la petite clairière de Saint-Clément » risque de disparaître bientôt sous des tonnes de béton. Il y a quelques mois, l'Évêché a vendu le jardin et les terrains voisins au promoteur Bati-Nantes, qui prévoit d'y construire deux immeubles abritant 99 appartements, dont 49 logements sociaux. La demande de permis a été déposée fin avril et le projet, conforme au Plan local d'urbanisme, a toutes les chances d'aboutir.
« On va se retrouver avec un bâtiment de six étages juste en face de notre balcon », soupire Christian Marenne. « On nous dit que les immeubles seront séparés par un «mail vert», mais ça n'aura rien à voir avec le jardin tel qu'il est aujourd'hui », souligne Loïc Daniele.
Devant le fait accompli
Regroupés au sein de l'association Sully-Bonnefoy, les riverains dénoncent l'absence de concertation autour du projet. « On nous a mis devant le fait accompli », regrette Christian Marenne. Une rencontre a bien eu lieu, fin mai, avec Alain Robert, adjoint à l'urbanisme, et Michelle Meunier, l'élue du quartier. « Mais on nous a fait comprendre qu'il n'y avait aucune discussion possible sur la nature du projet ».
Et pourtant, « un programme aussi énorme aurait dû faire l'objet d'une consultation », estime Loïc Daniele, qui souligne qu'avec 100 logements, près de 250 habitants et 140 voitures supplémentaires vont arriver dans ce quartier aux rues étroites, dont les trois crèches et les deux écoles affichent complet.
Le temps de la réflexion
Les riverains ne sont pas opposés à l'aménagement du site ni à la construction de logements sociaux « qui ne feront que renforcer la mixité sociale existante dans le quartier ».
Mais ils souhaitent que la mairie et le promoteur « prennent le temps de réfléchir » avant l'arrivée des bulldozers. L'association a invité les élus à visiter le site, le 10 juillet. En espérant qu'ils tomberont eux aussi sous le charme de leur « petite clairière ».
Xavier Boussion
Presse-Océan