Soferti : la démolition passe par le désamiantage
Les bâtiments qui vont être démolis représentent 1,2 hectare de matériaux amiantés.
La démolition des bâtiments de l'usine d'engrais d'Indre va commencer. De longs travaux en raison de l'amiante contenu dans les bâtiments industriels.
Dernier acte d'une très longue histoire industrielle, les immenses hangars de l'ancienne usine de conditionnement d'engrais Soferti, à Indre, vont être démolis. Les travaux, qui commencent fin mars, vont durer de très longs mois. Ils ont été confiés par la Soferti à la société Occamat, du groupe français EPC (1), spécialisée dans la démolition de bâtiments industriels, et notamment ceux contenant de l'amiante à travers sa filiale Occamiante.
Et de l'amiante, l'ancienne usine AZF, de conception très ancienne, en contient énormément. Fibrociment pour des hectares de toiture, isolation avec des panneaux amiantés, le chantier sera très laborieux et soumis à des contraintes techniques qui ne rassurent que partiellement les riverains du site. Il est vrai que jusqu'à présent, ni l'entreprise ni la collectivité n'ont donné d'informations de nature à les rassurer, en dépit de la technicité reconnue de l'opérateur.
L'ancienne société La Bordelaise avait pris ses quartiers dans la commune d'Indre, en 1926, en comblant plus de 25 hectares de marais entre les îles de Basse et de Haute Indre.
Pollution chimique
Devenue l'entreprise Grande paroisse-Soferti, puis racheté par le groupe Total (AZF), le site fabriquait des engrais composés dont la production déclinait d'année en année. En 2005, elle était tombée à 140 000 tonnes. Un volume insuffisant, compte tenu des coûts de production et des mesures de sécurité de plus en plus sévères, imposées après l'accident dramatique de Toulouse.
Au printemps 2006, la décision était prise de fermer l'établissement qui avait encore 72 salariés. En juin 2006, tout s'est arrêté, sauf le plan social. Un soulagement pour les riverains, mais aussi pour la commune d'Indre, soumise aux lourdes contraintes du seul site « Seveso », de niveau haut, dans l'agglomération nantaise. Indre, victime d'un manque chronique d'espace constructible, voit là une opportunité de développement qui arrive va point nommé.
En effet, les 24 hectares ainsi « libérés » ouvrent des perspectives d'aménagement qui sont encore en discussion au sein de la communauté urbaine. Il s'agit d'y développer un urbanisme cohérent entre Haute et Basse-Indre, tout en conservant une part d'activités économiques. La création d'un port à sec était notamment à l'étude afin de mettre à profit une partie des deux kilomètres de quais ouverts sur la Loire. Mais il reste aussi à dépolluer le sol, contaminé par 80 ans d'activités chimiques. De quoi donner à Nantes Métropole le temps suffisant pour un aménagement qui ne verra le jour que dans trois ou quatre ans, au mieux.
Camille GUILLEMOIS.
(1) EPC, société explosifs et produits chimiques : explosifs, forage, démolition, désamiantage, avec un chiffre d'affaires de 240 millions d'euros.
Ouest-France