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Les plaques de fibrociment sont démontées avant enfouissement. Elles couvrent 45 000 m2. : Marc Roger.Afin d'éclairer, et surtout rassurer, les habitants sur la nature et le calendrier des opérations à venir, la ville a organisé hier soir une réunion d'information à laquelle participaient les représentants de la Soferti (AZF), filiale de la société Grande Paroisse, appartenant au groupe Total, et aussi le représentant de la société Occamat, grande entreprise spécialisée dans ces travaux délicats. Occamat a notamment à son actif le désamiantage du Tripode à Nantes.
Une pollution profonde
Richard David, représentant de la société Occamat, diaporama à l'appui, explique qu'à l'inverse du flocage à l'amiante, le fibrociment ne représente pas un danger particulier. « En la circonstance, il n'y a pas d'amiante friable, ce sont des déchets basiques. » En clair, il y a très peu de risque de voir se répandre de la fibre d'amiante en suspension dans l'air, si le démontage se pratique sans trop de casse, avec du personnel qualifié et protégé. « À chaque chantier nous jouons notre qualification. »
Les plaques sont soigneusement démontées avant d'être enfouies dans une ancienne ardoisière près de Segré. « Ainsi, la roche retourne à la roche. » Tous les autres produits de la déconstruction comme le plastique, le bois, les matériaux ferreux et les câblages électriques seront revalorisés. Enfin les 45 000 tonnes de béton de la démolition seront concassées pour servir de remblai, sur place.
Il reste qu'une partie de ce béton est lourdement polluée par l'activité même de l'entreprise, depuis 1926. « Il sera dépollué sur place. » Il est vrai qu'à terme, c'est cette pollution en profondeur qui sera le plus délicat à gérer. Une étude est en cours et ses conclusions seront rendues en juin. Azote, phosphore, potassium, nitrate, ammoniaque ont été beaucoup utilisés en 80 ans d'activité. Mais il y a surtout de la pyrite, dont le soufre entrait dans la fabrication d'acide sulfurique, et qui a laissé sur place des métaux lourds. Cette pollution complexe impacte l'avenir des 24 ha en bord de Loire libérés à Indre par la démolition de l'usine.
Le propriétaire, Total, n'indique pas avoir de projet, mais sa préférence irait sans doute à une nouvelle affectation industrielle, moins exigeante en matière de dépollution. Il en serait bien différemment si le site devait changer de destination, même partielle, en vue d'une nouvelle urbanisation de la commune à laquelle réfléchit bien Nantes Métropole, se laissant cinq ans de réflexion.
Dans une telle circonstance, le coût d'un nettoyage du sol en profondeur viendrait alourdir encore le prix d'un foncier déjà exorbitant. Récemment un terrain de 3 500 m2 à usage artisanal était estimé à 500 000 €.
Camille GUILLEMOIS.
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