Sur Internet, des vols de marchandises à gogo
Des vols à l'étalage généraient un commerce juteux sur eBay. Lundi, cinq suspects ont été interpellés à Nantes, Blain et Saint-Nazaire.
Les policiers estiment que le petit commerce fonctionnait depuis décembre 2007. Lundi matin, ils ont donc interpellé trois hommes et deux femmes à Nantes, Blain et Saint-Nazaire.
Ces cinq personnes, dont quatre de la même famille, sont soupçonnées d'avoir monté une combine de vol et revente de matériel sur eBay.fr, un site de vente en ligne.
Une petite « entreprise familiale », constituée de deux parents, de leurs deux enfants et d'un ami de la famille. Le réseau s'étendait sur le grand Ouest, entre Nantes, Orvault, Vannes, Angers et la région poitevine.
Chacun des trois hommes se serait réparti un secteur pour dérober du matériel dans des grands magasins, Castorama, Conforama, Carrefour. Pour opérer, les voleurs présumés profitaient des moments d'absence des vigiles et des surveillants. Les objets qu'ils convoitaient étaient de petite taille, non pourvus d'antivol, principalement des outils ou du matériel électronique. Ils se contentaient de filer discrètement par la sortie sans achat. Selon les investigations, le matériel était destiné à être revendu sur eBay, sous trois pseudonymes différents.
Pour du simple vol à l'étalage, le trafic s'est avéré juteux : environ 400 objets ont ainsi été dérobés dans le but d'être vendus. Le butin total est estimé à 40 000 €. Comme la marchandise était revendue à la moitié de son prix en magasin, le préjudice commercial, lui, s'élève à 80 000 €.
Le retour d'un utilisateur d'eBay auprès du magasin Conforama de Nantes, pour faire jouer sa garantie sur un décodeur TNT, en mars 2008, a permis de lancer l'enquête. Derrière le pseudonyme du vendeur, les enquêteurs ont découvert une grande quantité d'objets similaires. De fil en aiguille, les policiers ont remonté la piste de deux autres revendeurs sur eBay. Les trois hommes soupçonnés de vol aggravé travaillaient.
Pendant leurs auditions, les suspects ont reconnu l'existence du commerce. Trois d'entre eux ont été déférés hier au palais de justice de Nantes pour être présentés au juge d'instruction en charge du dossier.
Clémence HOLLEVILLE.
Ouest-France