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Édition du vendredi 17 février 2006

Sur l'île de Nantes, l'éléphant en bois est né

Un éléphant en bois de 12 mètres de haut, un arbre aux oiseaux en acier et une plongée dans l'univers marin... C'est le projet fou de l'équipe qui réalise les Machines de l'île, en secret, dans un atelier du site Alstom.

Dans l'atelier des Machines de l'île, se construit, petit à petit, le projet fou de deux rêveurs, François Delarozière et Pierre Orefice. Leur challenge : réaliser, d'ici juillet 2007, un éléphant en pied de Virginie, de 12 mètres de haut dans lequel le visiteur embarquera, actionnera son mécanisme et découvrira Nantes vue du ciel, de Trentemoult à la place du Commerce. Les concepteurs, issus de « La Machine » et de Manaüs, qui inventent des machines depuis vingt ans, ont levé le voile sur leurs projets, hier, lors d'une visite de presse proposée par Nantes Métropole. Trente-cinq personnes s'activent sur les machines.

L'embarcadère de l'éléphant sera intégré aux nefs Dubigeon, entièrement réhabilitées, à quelques centaines de mètres là. « Le public pourra provoquer quelques barrissements et effets de poussière, explique François Delarozière. Il aura une vision du mécanisme et chaque vibration de l'éléphant sera ressentie. »

Une image pour les touristes

Trente-cinq personnes monteront à bord de cet éléphant sur roues, qui avancera au gasoil, chaque demi-heure. « La sortie de l'éléphant des nefs Dubigeon sera, à coup sûr, l'image que le touriste emportera avec lui en quittant Nantes », observe Pierre Orefice. Le lancement de l'éléphant s'accompagnera de l'ouverture d'une galerie des machines, laboratoire dans lequel les visiteurs pourront découvrir les créations. « Chaque jour, on est émerveillé en entrant dans l'atelier. On a décidé de le faire partager aux habitants. »

Deux autres projets sont à l'étude dans l'atelier des machines de l'île : les mondes marins (prévu pour 2009) et l'arbre aux hérons (2011). Les premiers éléments seront visibles dès 2007 dans la galerie. Sorte de manège en béton avec une charpente mi-bois, mi-acier, les mondes marins donneront l'impression d'émerger des estacades de la Loire. Cet édifice à trois étages (surface, abysses, fonds sous-marins) sera situé sur la pointe ouest de l'île, près de la grue jaune. Il comportera un manège de bateaux (bateaux à voile et à vapeur, dauphins plongeurs...)

Plus tard, l'arbre aux oiseaux, portera deux hérons d'acier, véritables machines vivantes qui emporteront une vingtaine de passagers pour un vol circulaire (huit vols par heure). On déambulera dans l'arbre en empruntant les jardins suspendus, des branches végétalisées ressemblant étrangement... à des coques de bateau. L'arbre sera implanté à l'emplacement du Tripode, en face du stade Marcel-Saupin.

Cette « grosse machine de rêve », d'après Pierre Orefice, est née de la volonté de Jean-Marc Ayrault, président de Nantes Métropole, de faire revivre le patrimoine industriel de la ville. « De même que pour Le Lieu Unique et la maison des syndicats, nous avons voulu donner une nouvelle vie aux nefs », explique Jean-Marc Ayrault. C'est sur le site des chantiers navals que prendra place toute cette artillerie, dans les nefs réhabilitées, rendues transparentes pour être visibles de l'extérieur, traversées par une rue piétonne. Les nefs accueilleront aussi la fabrique artistique dédiée aux musiques actuelles.

Vanessa RIPOCHE.

Les chiffres : Les machines de l'île coûteront 4,8 millions d'euros. Le Grand éléphant : 2 M. La scénographie de la galerie : 2,2 M. L'étude de l'arbre aux oiseaux et la branche prototype : 0,6 M.

Ouest-France

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