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Les chantiers - Prairie au duc

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Édition du mercredi 20 juin 2007

Sur la branche, une symphonie végétale hors sol

Pendant que l'éléphant se rode autour des nefs, sur l'île de Nantes, la branche de l'arbre aux hérons prend de la feuille. Un casse-tête d'horticulteur, à dix mètres du sol.

Les paysagistes vont et viennent sur la branche, harnachés comme des alpinistes en peine ascension. Ses feuilles poussent à vue d'oeil, des plantes transportées par sac avec précaution jusqu'au bout des rameaux de bois et de métal. Ephedra, nerprun, clématites, rosiers lierres, les espèces végétales tout juste plantées sur cette branche prototype de vingt mètres de long ont déjà une longue histoire. « Il y a quatre ans, on a lancé des requêtes auprès de plusieurs jardins botaniques. On a reçu des stocks de graines d'Europe de l'Est, du Japon, d'Italie, d'Espagne..., qu'on a mis en cultures au printemps 2005 » explique Thomas Ferrari. Le paysagiste supervise la végétalisation de la branche, un projet qu'il mène depuis la racine dans le cadre de son diplôme de fin d'études et en collaboration avec le jardin botanique de Nantes.

« On a choisi des plantes de fissures, qui se développent à l'état naturel dans les falaises et se contentent d'un substrat très pauvre, constitué à 80 % de sable et de pierres. » Il y a quelques jours encore, on testait leur résistance à un stress hydrique prolongé, au plus fort cagnard sous les serres du Grand-Blottereau. Dans ce jardin suspendu, leur vie tient à un fil, celui qui les relie à un savant système d'irrigation : des goulottes placées sous chaque panier végétal permettent d'abreuver la centaine de plants. Une façon de tester le dispositif avant de l'étendre à l'arbre entier, celui qui sera planté non loin de l'ancien Tripode en 2011, avec ses 25 branches et ses 50 mètres d'envergure. « On sort totalement des sentiers battus de l'horticulture, c'est passionnant. On recréé un écosystème, où tout est fait pour qu'il y ait le moins d'intervention humaine. »

Tortueuse, tendue vers les rives de Loire, elle pointe les bâtiments des quais, de l'autre côté du fleuve. La branche a été fixée à la nef centrale des anciens chantiers Dubigeon il y a un peu plus d'une semaine. Posée sur trois pylônes, eux-mêmes renforcés par des micro- pieux enfoncés à vingt mètres sous le sol. Cette branche-là ne doit pas ployer sous le vent. « On a fait des essais de vent en soufflerie pour vérifier la répartition des efforts. On l'a aussi lestée de dix tonnes : la déformation réelle est tout à fait minime » explique Philippe Gouessan, du Bureau Véritas, spécialiste des installations événementielles. Jeux Olympiques, défilé du 14-Juillet, expositions monumentales au Grand-Palais... son équipe intervient sur des structures uniques, là où la norme n'existe pas.

De la branche, le visiteur redescend vers la passerelle d'embarquement de l'éléphant, sous la toiture translucide de la nef centrale que le pachyderme rejoint après chaque promenade. Sur pilotis, la cantine des machinistes. Au rez-de-chaussée, trois serres abritant la galerie des machines. Dans la troisième nef, les ateliers de construction et de maintenance, ainsi que les bureaux de la Machine, aménagés sur deux niveaux dans des containeurs maritimes. Encore de la récup', comme l'eau de pluie sur la branche.

Isabelle LABARRE.

Départ le samedi 30 juin à 18 h; 6 € pour la balade en éléphant, 6 € pour la galerie des machines. 4,50 € tarif réduit.

Ouest-France

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