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La vingtaine d'ouvriers électriciens, plombiers, maçons et autres plaquistes qui avaient commencé à travailler depuis fin mai dans la rue Saint-Jean-de-Luz ont dû tout arrêter. En attendant, ils s'inquiètent un peu, forcément. : Photo AHDLes cabanons de chantier sont déserts. Il est 11 h ce vendredi matin, et bizarrement, les ouvriers ne courent pas les rues du Clos Toreau. Un gros chantier est pourtant normalement en cours dans ce quartier du sud de la ville. L'opération réhabilitation, prévue pour durer trois ans, avait été lancée fin mai. « Quand on a appris ça, il y a un an à peu près, on était super contents », se souvient une habitante.
Seulement voilà : les travaux ont été stoppés net un mois plus tard. « On n'a plus le droit de percer le moindre trou, de faire la moindre dépose ou la plus petite démolition », confirme un ouvrier, réduit à n'effectuer que « des bricoles ». Des poussières d'amiante friable pourraient se nicher dans les carrelages, les dalles, les colonnes d'eaux usées et les peintures. L'inquiétante découverte remonte à un mois. À la suite d'une visite médicale, semble-t-il. Depuis, le dossier a été confié à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass). « Et on a dû tout arrêter. On a fini ce qui avait été commencé. Point barre », soupire-t-on sur le chantier abandonné.
« Des gars ont mangéla poussière ! »
Sur 610 appartements au total, 70 avaient déjà été refaits. L'électricité y avait été remise aux normes. Les évacuations avaient été revues, les éviers, lavabos et baignoires remplacés. La faïence avait également été enlevée. « Bref, des gars ont poncé les murs. Depuis des semaines, ils mangeaient la poussière. S'il y en a, de l'amiante, eux, c'est sûr, ils en ont bouffé ! », s'inquiétait-on hier au pied des immeubles.
Les travaux se sont arrêtés au n°10 de la rue Saint-Jean-de-Luz, au 6e étage très exactement. « Là, on a carrément tout laissé en plan ! » Mais jusqu'à quand ? « Alors là, on n'en sait rien », soufflait un ouvrier. « À mon avis, la reprise des travaux, ça n'est pas pour demain ».
« Et on ne découvre celaque maintenant ! »
En attendant, on se fait du mouron. « On risque de perdre le marché. Nous, on n'a pas l'habilitation amiante. Et ça vaut 15 000 à 20 000 euros ! C'est trop cher pour les petites entreprises... », se tracassait hier un travailleur manuel. « Et puis, comment vont-ils faire pour les locataires ? Aux Dervallières, ils savaient avant de commencer le chantier qu'il y avait de l'amiante. Alors, ils avaient pris des dispositions en terme de sécurité pour les habitants et les ouvriers... C'est tout de même incroyable que l'on ne découvre cela que maintenant ! »
Selon Nantes Habitat, même si « des risques » existent, « la présence d'amiante n'a pas encore été clairement démontrée » (lire par ailleurs). Des tests sont en cours. « S'ils s'avéraient positifs, la sécurité de tous deviendrait un impératif. Une priorité ».
Anne-Hélène Dorison