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Dans ce studio nantais, tatouages et piercings sont déjà bien encadrés. Sur le comptoir, la nouvelle réglementation sur le tatouage et le piercing en France est affichée. Un décret paru le 20 février dernier, qui impose des normes d'hygiène et des précautions strictes à la profession. Ici, on ne s'en inquiète pas plus que ça. Car la majorité de ces règles sont déjà appliquées, comme dans la dizaine d'autres studios nantais, estime Bruno Hély, patron d'Atlantic Tattoo. « Nous, on est même au-delà ! Ce décret fait surtout peur aux gens qui bossent au noir, dans des studios montés à l'arrache. »
Même si ceux-là ne risquent pas de se déclarer à la préfecture, comme l'exige le décret, prévoit Nico, employé du studio. « Il n'y aura pas moyen de les contrôler. Finalement, ça ne va pas changer grand-chose... »
Des gants stériles pour le piercing, pas pour le tatouage
C'est l'heure du piercing de Gisou. Avant de s'y mettre, Bruno consulte le formulaire que la jeune fille vient de remplir. « On demande aux gens s'ils ont mangé avant, s'ils sont anémiques, etc. Au cas où une personne fait un malaise, ça permet de comprendre pourquoi. Et si ça arrive, je suis titulaire d'une Attestation de formation aux premiers secours (AFPS), pour bien réagir. »
Dans une autre salle, Nico tatoue un dragon dans le dos de Kevin, 22 ans. Aiguilles stériles, qui seront ensuite jetées dans un container spécial, dermographe régulièrement décontaminé, lampe protégée lors de chaque utilisation...
Seul point de discorde avec le décret : l'usage actuel de gants d'examen, alors qu'il faudra bientôt des gants stériles. « Pas besoin pour le tatouage », déclare Bruno Hély, car les mains de l'officiant ne sont pas en contact direct avec les aiguilles et l'encre. Pour le perçage, les gants stériles sont déjà monnaie courante. D'autant plus lorsque l'on applique la méthode « free-hand » : sans pince ni cathéter, le professionnel perce directement la peau avec son aiguille. La technique, qui limite le nombre de gestes, vise à diminuer les risques de contamination.
« On se protège nous-mêmes »
On l'aura compris : dans les studios (connus du moins), les pratiques sont déjà bien encadrées. Et pour cause : les professionnels savent qu'en cas de problème, le client peut toujours se retourner contre eux. D'autant que la profession souffre encore d'une mauvaise image.
« On se protège nous-même. On ne tatoue pas les mineurs, et on réclame déjà une autorisation parentale pour les percer. Pas envie que les parents viennent porter plainte après coup ! »
Clémence HOLLEVILLE.
Le décret : les professionnels doivent déclarer leur activité à la préfecture, utiliser un matériel stérile et à usage unique, ou stériliser avant chaque utilisation, pratiquer leur activité dans une salle réservée et réclamer une autorisation parentale pour toute intervention sur un mineur. D'autres points réglementent la gestion des déchets et l'affichage des risques encourus.
Les risques : selon le ministère de la Santé, les risques d'infection lors d'un piercing sont estimés à 40 % pour le nombril, 12 % pour le nez et 5 % pour le mamelon.
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