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Mise en service en novembre 2006, la construction de la ligne 4 du BusWay, entre Vertou et Nantes, a coûté 53 millions d'euros, dont 10 millions pour l'achat des bus. « Pas sérieux »
Sophie Jozan est opposée à la gratuité qui, selon elle, aboutirait « à creuser les déficits publics » pour financer les investissements nécessaires à l'extension du réseau. La candidate UMP s'est en revanche engagée à « aller vers une baisse progressive de 30 % sur 6 ans » des titres de transports de la Tan.
Jean-Marc Ayrault estime pour sa part que la proposition de Benoît Blineau n'est « pas sérieuse » et qu'elle « signerait la paralysie de l'offre de transport à Nantes ». Le candidat du PS estime que le manque à gagner sur la vente des titres de transport représenterait « l'équivalent de 12 km de tramway sur 6 ans » (*).
La pub : 2 % du budget de la Tan
Pour financer la gratuité, le candidat du MoDem propose d'installer des panneaux publicitaires à l'intérieur des bus et des trams, comme dans le métro parisien, et d'augmenter le prix du stationnement en centre-ville.
Mais pourrait-t-on effectivement financer la gratuité des transports grâce à la pub et aux parcmètres ? En 2006, le budget de fonctionnement de la Tan était de 108,4 millions d'euros. La vente des titres de transport lui a donc rapporté un peu plus de 34,6 millions. Nantes Métropole lui a versé une subvention de 69 millions. La Tan n'a engrangé que 2,4 millions d'euros grâce à la pub sur les bus et les trams.
Quant au stationnement payant, il permet à la Ville d'encaisser chaque année entre 5 et 6 millions d'euros.
Financé par les impôts ?
En mettant bout à bout le produit de la pub et du stationnement payant, on arrive donc à un peu plus de 8 millions d'euros. Très insuffisant pour compenser le manque à gagner qu'entraînerait l'abandon des recettes de la vente des tickets Tan. Mais Benoît Blineau met en parallèle ces 34,6 millions d'euros et le budget de Nantes Métropole, qui frôle le milliard. Sous-entendu : la collectivité a les moyens de payer.
« Rien n'est gratuit, aime à rappeler Charles Gautier, le maire de Saint-Herblain, vice-président de Nantes Métropole. Au bout du compte, il y a toujours quelqu'un qui paye ». Et si ce ne sont plus les usagers des transports, ce seront forcément les contribuables...
Xavier Boussion
(*) Un km de tramway coûte entre 15 et 30 millions d'euros,
en fonction des infrastructures