Édition du mardi 22 janvier 2008
Un fan du PSG : « La haine a pris le dessus »
Il y a deux ans, après un match à Nantes, des fans du PSG se sont affrontés sur une aire de repos de l'autoroute, saccageant une station-service à Varades. Deux supporters étaient jugés hier.
Dans une phrase soufflée à la barre du tribunal correctionnel, le jeune homme résume l'histoire. « La haine a pris le pas sur la raison. » Cette haine a poussé une quarantaine de fans du PSG, du clan des Mystics Tigris, à se livrer à une bataille rangée avec des fans indépendants du kop Boulogne. C'était en février 2006 et les affrontements s'étaient déroulés dans une station-service, à Varades. Quelques minutes après le match Nantes-Paris.La scène a traumatisé les trois jeunes salariés de Total. Une quarantaine d'ultras ont investi la station alors qu'une vingtaine de rivaux s'y trouvait déjà. Un des assaillants tenait une hachette, d'autres des bâtons. Et tout ce qui pouvait servir de munition dans la station a été utilisé. Un jeune homme se souviendra avoir été touché par une boîte de cassoulet et avoir évité un tabouret de bar...Hier, deux ans après cette bataille rangée, un jeune homme est venu d'Annecy pour répondre au tribunal correctionnel. Un autre a été convoqué mais ne s'est pas présenté. Deux prévenus, donc, pour une affaire où une bonne cinquantaine de protagonistes se trouvaient impliqués. Tony, 27 ans, est préparateur de commandes en CDI. Il est petit, fluet et seul devant le tribunal. Il fait profil bas. « J'assume mon pétage de plombs », avait-il déclaré devant le juge d'instruction. À l'écouter, les Mystics Tigris voulaient se « venger » : « Les indépendants se foutaient de la mémoire d'une personne de l'asso qui est décédée... »« On est bien loin de la fête du sport, a ironisé la procureure. Il y avait une volonté de casser des bars, des jambes ou tout ce qui pouvait tomber sous la main. » Et elle demande un an de prison, dont huit mois avec sursis, contre Tony, jamais condamné. « On ne peut pas lui imputer les faits commis par d'autres au prétexte qu'ils n'ont pas été interpellés », plaide son avocate.Pour l'autre prévenu, qui ne s'est pas déplacé et qui brandissait une hachette ce jour-là, la procureure a requis « quatre à six mois de prison ferme ». Le tribunal rendra son délibéré le 11 février. Thomas HENG.
Ouest-France