Un peu « lourd », le bicloo séduit déja les Nantais
Il démarre sur les chapeaux de roue. Dès hier, pour sa première sortie, 630 personnes se sont abonnées au bicloo dont 480 à l'année.
Il fait son petit effet depuis hier midi à Nantes : 630 personnes se sont déja abonnées en une journée. 700 vélos sont en libre-service sur 79 stations dans le centre-ville. Mais quel effet, réellement, fait-il ?
« Je m'étais dit : le meilleur moyen de savoir ce qu'il a dans le ventre, le bicloo, c'est encore de l'essayer. Alors hop, en selle ! Prête à m'élancer, me voilà stoppée en plein vol. C'est qu'elle est lourde, la bécane. Plus balèze que la mienne. En revanche, c'est un fait, elle s'arrête mieux. Faut dire que ça fait longtemps que je roule avec des patins à moitié usés...
« Le neuf a du bon, le neuf a du bon, chantonné-je allégrement en quittant, cheveux au vent, la station de bicloo de la place du Commerce. Ma monture rutile sous le soleil. Jusque-là, tout va bien. Sauf que dans la rue, les regards convergent bizarrement vers moi. On se retourne sur mon passage. Mais qu'est-ce qu'ils ont tous ? Ils ont jamais vu une fille sur un vélo ? Je réalise que c'est l'effet bicloo. Et à bien regarder, je vois l'oeil des gens qui s'attarde sur les courbes gris acier, l'orange pétant du garde-boue, le panier posé devant. Ah, il est beau mon bicloo, il est beau...
« La selle est un peu dure, quand même. Pas le genre à donner envie de faire le tour de l'agglo. C'est pas fait pour ça, de toute façon, un bicloo. C'est pour les mini trajets, à ce que j'ai compris.
Ça délie les langues
« Cling, cling ! Le timbre fait un bruit de clochette chinoise. Je m'amuse à passer les vitesses. Un, deux, trois. Trois, deux, un. Trop facile, c'est du beurre. Je m'arrête prendre le pain. Pas besoin de rallier la prochaine station. Clac, l'antivol calé dans le panier permet de l'accrocher partout.
« Ça y est, je me suis habituée. L'engin a l'air plus léger. Je croise des gens à bicloo qui ont l'air aussi heureux que moi. Pas besoin de forcer pour faire la causette. Le bicloo, c'est fou comme ça délie les langues. Bon, c'est pas l'tout mais faudra que je pense à graisser ma chaîne de vélo, moi. »
I. M.
Ouest-France