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Une douzaine de mouvements ont choisi la nouvelle usine de production de diester à Montoir-de-Bretagne pour dire non aux agrocarburants. : Archives Ouest-France - Joël Le GallClaude Soulié, vice-président à la sécurité alimentaire du mouvement des écologistes indépendants 44 et commerçant bio à Guérande : « Les agrocarburants sont a priori une bonne idée. Sauf que ça contribue au développement d'une agriculture intensive. Que l'on sache, le colza qui est trituré n'est pas cultivé en bio. La culture du colza va permettre à certains de rouler tandis que d'autres, sur la planète, n'ont rien à manger. Et ce sont encore les multinationales qui vont en profiter. Je ne crois pas à l'encadrement par les réglementations européennes. On nous dira bientôt que la demande est plus forte que prévu et qu'il faut accroître la production. C'est le problème du productivisme. On commence par créer un outil industriel, engager des grands travaux, créer de l'emploi. Ça paraît séduisant. Nous sommes là pour tenter de voir plus loin. Cette logique économique ne fait pas forcément le bien de la planète, le bien de l'homme.
« Nous sommes à une époque charnière pour l'énergie. Il faut avancer dans le dialogue. Les agrocarburants vont encore favoriser le transport routier en lui donnant bonne conscience. Alors que la seule solution, c'est la réduction de la consommation, la diminution des transports et l'intensification de la vie locale et des échanges locaux. »
Pour
Michel Salion, chargé de la communication pour Diester Industrie Atlantique : « La transformation du colza en diester répond à une demande de 250 coopératives agricoles. 70 % de colza que nous transformons est issu du sol français et nous nous interdisons toute importation en provenance du Brésil pour ne pas risquer de contribuer à la déforestation.
« Le diester n'a pas la prétention d'être la solution unique. On ne va régler la question de l'après-pétrole qu'avec un bouquet de solutions alternatives et renouvelables. Avoir du diester dans son réservoir ne dédouane pas le citoyen de rouler moins pour lutter contre le réchauffement de la planète. Les agrocarburants ne sont pas vierges de tout reproche. Mais il faut éviter les amalgames entre ce qui se passe sur le continent sud-américain et le modèle européen, très cadré.
« Par exemple, la part de terres agricoles consacrée aux biocarburants est aujourd'hui limitée à 5 % en Europe. En 2020, elle ne pourra pas excéder 10 %. Nous sommes bien dans un cercle vertueux : des agriculteurs font pousser du colza qui sert à produire des agrocarburants et aussi de l'aliment pour le bétail, évitant ainsi d'importer des tourteaux du Brésil. Une production 100 % française qui contribue à diminuer la facture énergétique. »
Cyrille PITOIS.
Rendez-vous à 13 h, ce samedi, pour un pique-nique devant l'usine Diester industrie, sur la zone portuaire de Montoir-de-Bretagne. A 14 h 30, chaîne humaine entre les usines Diester et Cargill.