Édition du mercredi 07 février 2007
Un rideau de lumière s'ouvre sur le château des Ducs
Les Nantais pourront découvrir sa robe de lumière, dès jeudi soir.
Le rouge, couleur préférée de la duchesse Anne de Bretagne. « Attention, le rouge coquelicot », précise Pierre Nègre, concepteur, avec Sylvie Sieg, de la mise en lumière du château des Ducs. Un détail, direz-vous. Peut-être. Mais concernant la mise en lumière, chaque détail a son importance et sa signification. Alors, revenons à ce fil rouge... coquelicot, qui ceinture le château par à-coups et qui prend naissance sur la façade sud, côté tramway. « Ce fil rouge matérialisera l'état de veille du bâtiment, lorsque le projet sera terminé. Nous avions envie, comme les Nantais, d'un château qui soit en vie », explique Sylvie Sieg. Un château en vie, habité. Un souhait symbolisé par la lueur orangée et chaleureuse qui émane de la façade ouest du bâtiment, devant l'entrée principale : une lumière qui donne l'impression de jaillir de l'intérieur. En dessous, au niveau des douves, autre ambiance, plus sombre. « Un jeu mystérieux d'ombres et de lumières, qui appelle le visiteur à une balade imaginaire », précise Pierre Nègre. Lumières et animationsSelon l'endroit où le visiteur se trouve, la lumière est différente : blanche sur le Grand Logis, ce qui permet de faire ressortir les éléments de sculpture ; rouge vif au niveau de la Tour des Espagnols, « pour représenter une zone mutilée », ou plus sombre dans les douves. Des lumières différentes qui viennent s'ajouter à une architecture, elle aussi, très métissée. « Il y a une multitude de façades, de vues différentes, ce qui a rendu très difficile le fait de donner une cohésion, une unité au travail de la lumière sur ce château », indiquent les deux concepteurs. Mais là où l'originalité de cette mise en lumière prend tout son sens, c'est sur la façade sud, côté tramway. Grâce à des capteurs installés le long des douves par l'entreprise ETC, chargée de la mise en lumière, la façade s'anime à chaque passage de piéton. Ici, le fil rouge, si sage et statique sur tous les autres côtés, se contorsionne, danse et se dédouble, avant de plonger dans l'eau froide des douves puisée dans l'Erdre. Quelques secondes plus tard, une ligne lumineuse, verticale, avance sur la façade, de gauche à droite, et efface tout sur son passage. « Comme un scanner, qui vient effacer les marques du temps », glisse Sylvie Sieg. Des animations comme celles-ci, il y en a des dizaines, Sylvie Sieg indique même que l'on peut passer tous les soirs pendant plusieurs mois, sans voir la même. Elle est peut-être là, la particularité de la rénovation de ce château, qui réussit à allier le passé et le présent en ajoutant, par ci, par là, des petites touches futuristes. Une alchimie qui ne nuit pas au château, mais qui l'enrichit. « La formule magique ? Le respect du lieu, de son histoire », confie Sylvie Sieg.
Ouest-France