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Édition du vendredi 25 mai 2007

Une route dans la cour du Département

Une route de 32 m de long a été grutée au-dessus des grilles du conseil général, et déposée en tronçons dans la cour.

Le grutier n'a pas vraiment l'habitude de transporter des routes. Mercredi, il a pourtant soulevé cinq tronçons de 800 kg pour les déposer dans la cour de l'hôtel du département. L'oeuvre d'une artiste française, Morgane Tschiember, pour le festival Estuaire qui démarre dans une semaine. Ossature bois et aluminium, revêtement noir en pneu recyclé. De loin, on pourrait croire à une vraie route, avec ses bandes jaunes et blanches sur les côtés.

La route arrive tout droit de la halle Alstom sur l'île de Nantes, haut lieu du bouillonnement culturel actuel. Après avoir été exposée au Lieu Unique cet hiver, dans le cadre de « Zones arides », la pièce a dû être modifiée par l'équipe d'Hugo Cosnefroy, de la société cherbourgeoise NSB. Passer de l'intérieur de LU à la cour du conseil général, en plein centre ville, imposait quelques contraintes techniques. Trop longue pour tenir dans un espace restreint, elle est passée de 36 à 32 mètres (près de 3 mètres de large). Et impossible de fixer la route au sol : on est au-dessus d'un parking souterrain.

Coup de pinceau

L'entreprise de chaudronnerie NSB n'en est pas à sa première oeuvre d'art. « On a fabriqué une sphère en aluminium pour l'artiste américain Franck Stella, indique Hugo Cosnefroy. Elle est installée à Miami. » L'assemblage des tronçons se poursuit jusqu'à samedi. Inspirée des routes interminables qui traversent les grands espaces américains, Morgane Tschiember a voulu interroger le visiteur sur les notions d'espace et de déplacement. « Un coup de pinceau dans le paysage », conçu avec la collaboration d'Olivier Mosset.

La route, après avoir été enfermée dans un lieu culturel, retrouve son milieu extérieur, mais dans un contexte peu habituel : la cour d'un édifice monumental, lieu de pouvoir. Un bout de route plonge dans un bosquet, puis ressurgit à 3 mètres de hauteur. Dès le 1er juin, le visiteur pourra se promener en-dessous, et l'observer comme une sculpture. Une performance artistique qui a son volet pédagogique : la route et le conseil général, une véritable histoire d'amour.

Vanessa RIPOCHE.

« Parallèles », du 1er juin au 20 août, 3, quai Ceineray, Nantes.

Ouest-France

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