Uranium : on attend une « vraie » dépollution
Jean-Marie Pasquereau et Raymond Poirier, membres de l'association Moine et Sèvre. Au fond, les bâtiments qui subsistent : traces du site industriel d'extraction et de traitement de l'uranium. Derrière les deux hommes, le terre-plein formé par les résidus radioactifs.
A Gétigné, l'association Moine et Sèvre milite pour le réaménagement de la carrière d'uranium de l'Ecarpière. « Nous voulons une dépollution et une décontamination dignes de ce nom. »
« Il y a manifestement de bonnes intentions affichées. Nous serons vigilants pour que cela n'en reste pas au stade de bonnes intentions. » Jean-Marie Pasquereau, Marie-France Gauthier, Raymond Poirier, Pascal Guilberteau et Guy Baudry sont des membres actifs de l'association Moine et Sèvre pour l'avenir. Une association qui a vu le jour en 1991, lorsque la Cogema, aujourd'hui Areva, a cessé l'exploitation d'uranium sur le site de l'Ecarpière, à Gétigné. Depuis, leur combat est de faire en sorte que le site ne soit pas banalisé : « Il y a quand même, à l'Ecarpière, 11 500 000 tonnes de résidus radioactifs ! ».
Le 26 juin dernier, le préfet a réuni une Clis, commission locale d'information et de suivi. Une rencontre qui rassemble les différents intervenants autour de ce site (l'état et ses divers représentants, les collectivités, le propriétaire des lieux Areva et l'association Moine et Sèvre). « Le sous-préfet, M. Lambert s'est engagé pour une réunion annuelle, et plus, s'il y a des éléments nouveaux. » La précédente réunion avait eu lieu en 2000.
Panneaux photovoltaïques
Cet hiver, en décembre, le site de l'Ecarpière avait refait la une de journaux suite à une étude sortie par la CRIIRAD (Commission de recherche d'information indépendante en radioactivité). Qui démontrait une radioactivité. Un fait qui, s'il n'est pas nouveau, a fait son effet. Dans la foulée, un projet immobilier a été enterré et la réunion de la Clis a eu lieu.
Le suivi des évolutions du site a été confirmé par le sous-préfet, notamment le traitement des eaux qui s'infiltrent dans les galeries d'uranium et qui doivent être traitées avant d'être rejetée dans la Moine. Ce fut aussi l'occasion pour Areva d'annoncer d'autres projets pour l'Ecarpière.
« Nous voulions y implanter des éoliennes mais comme nous sommes sur un couloir aérien militaire, cela n'est pas possible. » En revanche, Guy Lauret, directeur des réaménagements des sites Mines chez Areva, est plutôt confiant pour un projet de panneaux solaires photovoltaïques, producteurs d'énergie électrique. « C'est une piste. Nous avons aujourd'hui une réunion à ce sujet à Paris. Ce projet tient la route et semble recueillir un certain consensus auprès des élus locaux. S'il y a une bonne synergie, cela pourrait voir le jour fin 2009. »
L'association Moine et Sèvre soucieuse de ne pas « avaler des couleuvres » n'est pas opposée à ce projet mais attend aussi une « vraie dépollution. Les mesures montrent qu'il y a toujours de la radioactivité. Ensuite, il y a un débat sur les quantités. Pour nous, s'il y a débat, c'est qu'il y a encore un problème, qui doit être résolu par une vraie décontamination du site. »
Anne-Lise FLEURY.
Ouest-France