Voile : Ronan Guérin, le revenant
Après quatre ans d'absence sur la Solitaire du Figaro, Ronan Guérin effectue son retour. Plus serein et mieux accompagné.
Solitaire du Figaro (19 juillet - 17 août). Sept représentants de Loire-Atlantique disputent l'épreuve. Après Douguet et Tripon, zoom, aujourd'hui, sur Ronan Guérin.
L'homme est un revenant. Pas un survivant car la mer ne l'a jamais quitté ni son métier ne l'a trahi. La navigation, même si elle l'a conduit dans les eaux chaudes des Antilles où il vit six mois sur douze, fait encore partie de sa vie.
Mais Ronan Guérin n'en savoure pas moins son retour sur une série Figaro avec laquelle le désamour était amorcé. La galère pour structurer un budget, les préparations incomplètes, un manque d'énergie quand arrivait le départ après des mois passés à faire autre chose que l'essentiel.
2008 aura été l'année de la renaissance pour Ronan Guérin, 35 ans et 10 participations à la Solitaire au compteur. Due en grande partie à son intégration du team d'Energies Autour du Monde dirigé par son copain Yannick Bestaven, compagnon des épopées en Mini, adversaire tenace avant de devenir le fidèle complice, sur l'eau dans les courses en double en Figaro et à terre ensuite. Le vainqueur de la Mini Transat en 2001 est engagé dans un programme Vendée Globe et sa nouvelle écurie a pour vocation d'accompagner les skippers à travers la promotion des énergies de demain. Ainsi, le bateau de Ronan Guérin, Solarinox, est-il équipé de panneaux solaires. « J'adhère complètement au concept qui mêle les technologies de pointe aux enjeux sportifs », se réjouit le skipper, désormais habité d'une sérénité clairement affichée.
« La motivation et l'envie d'en découdre sur l'eau sont intactes. En disputant la Course des Falaises il y a quinze jours, cela faisait quatre ans que je n'avais plus couru en solitaire sur Figaro. Je gagne une manche, je fais une place de 4e sur une autre. J'ai retrouvé l'envie et la gnac. La preuve, je me suis remis à refaire du sport, footing et vélo : chez moi, c'est un signe ! Avec le team, je peux me consacrer uniquement à la partie sportive. J'ai du temps pour me préparer et me reposer. J'arrive sur la Solitaire hyper frais. Et quand tu sais que sur cette course, tu repousses tes limites, ça n'est pas rien... »
Mentalement, tout est donc différent pour le Nazairien, licencié à l'APCC Nantes, et installé à La Rochelle. « Le Figaro, c'est comme le vélo, ça ne se perd pas... J'ai envie de naviguer et de gagner. Le bateau est performant, le programme sportif cohérent sur 2-3 ans et je suis revenu à n'être concentré que sur mon métier qui est de naviguer. Ça change tout... Je suis prêt pour aller au combat. Sur cette Solitaire, je m'aligne sereinement. Je suis aussi conscient qu'en étant absent de cette course depuis trois ans, j'ai du travail à faire. La différence, sur cette épreuve, c'est l'envie. Et je l'ai, n'étant pas saturé de navigation. J'ai l'impression de retrouver ma jeunesse d'antan ! » Un revenant on vous dit...
Raphaël BONAMY.
Ouest-France