La saison 2008-2009 du FC Nantesde De Freitas. Après avoir failli perdre patience.
Le concentré d'émotions contradictoires et d'expériences contrastées a commencé par une sortie rapide du cocon des moins de 18 ans, vers le CFA. Il s'est poursuivi par cette première apparition pleine de culot, en L1, à Marseille le 18 février 2007. Neuf matches de L1 s'enchaînent alors. Les compliments pleuvent, le gamin pète le feu. Vainqueur est un winner. Il est appelé en équipe de France des moins de 19 ans. Et puis, patatras. Le 24 juillet dernier, il est opéré d'une rupture des ligaments croisés, survenue contre la Serbie. « Là, j'ai eu peur de ne jamais retrouver mon meilleur niveau, c'est vrai », confesse-t-il aujourd'hui. Cela ne l'empêche pas, dans un premier temps, de bien réagir au traumatisme. « Il avait déjà un bon mental, rappelle Stéphane Moreau. Il l'a forgé un peu plus en se bagarrant sans compter contre cet événement. »
« Une porte vient de s'entrouvrir »
Sans doute a-t-il le senti
Déjà proche de Kevin Das Neves dans la vie, WV s'en inspire. « Il venait de passer par là », glisse-t-il dans une phrase de longueur type. Passée la longue et fastidieuse période de rééducation et de réathlétisation, le retour au terrain se fait encore dans les meilleures conditions. En CFA, il est clairement au-dessus.
ment que Michel Der Zakarian pourrait l'appeler, même s'il ne s'en ouvre pas. Son implication va en tout cas décliner. « Il a senti que la récompense ne venait pas, et il est devenu fébrile, comme beaucoup de jeunes, explique Stéphane Moreau. Une réaction de petit enfant gâté. Il s'est donc relâché. » Symptôme le plus évident, cette expulsion, il y a quinze jours, qui lui a valu un match de suspension ferme, plus un avec sursis. « Là, il a de la chance, estime le coach de la réserve. Car avec deux ferme, il ne pouvait pas être appelé avec les pros. »
Cela aurait été d'autant plus regrettable que, du fait de la blessure de David De Freitas, « une porte vient de s'entrouvrir pour lui », comme le dit Christian Larièpe : « à lui de l'ouvrir ». Stéphane Moreau l'en sent capable. « Parce qu'il n'a pas peur et qu'il a surtout un gros potentiel de footballeur. » À écouter le directeur sportif de la maison jaune, il a même le kit complet du milieu relayeur : « Bon dans la récup, attiré par l'avant, capable d'éliminer, mais aussi de jouer long. » Reste à ne pas se planter dans la notice au moment de l'assemblage, c'est-à-dire quand une chance lui sera donnée de s'exprimer en L2. Peut-être dès lundi.
Avare en sourires, impavide dans ses propos, Vainqueur, se dit « prêt », même s'il reconnaît encore un peu déficit bien normal « en explosivité ». Le mental est à nouveau en place. Grâce aussi, à ses retours réguliers à Noisy-le-Grand, dans le 93. « Quand je vois tous mes copains qui ont du mal à avoir ne serait-ce qu'un salaire... Pour eux, les journées, c'est la galère au pied des tours. » Tout près de l'ascenseur et des escaliers.