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Le Tripode

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Édition du lundi 14 mars 2005

À Nantes, la longue agonie du Tripode

Le 27 février, plus de 30 000 personnes ont assisté à l'implosion du Tripode, au bord de la Loire à Nantes.

Trente-sept ans plus tôt, la première pierre du bâtiment de 18 étages était posée par l'État. En 1972, 1 000 fonctionnaires de l'Insee, des Affaires étrangères et du Trésor prennent possession des bureaux.

Dès 1978, les syndicats tirent la sonnette d'alarme : le bâtiment est truffé de flocage d'amiante sur les plafonds, les poteaux et les façades, pour les protéger contre le feu.

Il faut attendre 1993 pour voir le départ des fonctionnaires. L'État met en vente le bâtiment : les promoteurs, dissuadés par le coût du désamiantage, n'en veulent pas. Nantes métropole l'acquiert en 2000 pour l'euro symbolique, en vue de le raser.

Avant, il faut enlever les 350 tonnes d'amiante. Une entreprise spécialisée s'en charge. La facture grimpe jusqu'à 7 millions d'euros pour la collectivité. C'est le prix à payer pour disposer de 3 hectares au coeur de l'agglomération, futur « espace européen des affaires ».

Six décès à Jussieu. Des milliers d'enseignants, étudiants et employés travaillent sur le campus universitaire de Jussieu, dans le Ve arrondissement de Paris, où un chantier de désamiantage a débuté en 1996. Prévu pour durer trois ans, celui-ci est loin d'être terminé. Le 12 janvier, après huit ans d'instruction, trois mises en examen ont été prononcées. Six décès et 110 cas de contamination à l'amiante ont été relevés à Jussieu.

Jacques SAYAGH.

Ouest-France

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