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FC Nantes-Atlantique

Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes. : Franck Dubray
Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes. : Franck Dubray
Édition du samedi 12 mai 2007

À Nantes, le foot a surtout « perdu son âme »

La descente en Ligue 2 n'est pas vécue comme un drame économique. En revanche, elle réveille de vieilles rivalités politiques.

Trois tribunes du vieux stade Marcel-Saupin détruites l'année de la relégation du FC Nantes en Ligue 2 : tout un symbole relevé par de nombreux supporters des Canaris. « L'esprit du club s'est-il envolé avec les gravats du stade où est né le jeu à la nantaise ? », s'interroge l'un d'entre eux. Simple nostalgie des heures de gloire d'un club qui détient le record de longévité en Ligue 1 (44 ans) ? Pas si sûr.

La descente de l'équipe nantaise, qui alimente l'essentiel des discussions en ville, est avant tout vécue comme le reniement des valeurs qui ont fait sa force et son palmarès (huit titres de champion et trois coupes de France). « Nantes a perdu son âme », déclare ainsi Patrice Rio, ancien joueur.

Quel est donc ce supplément d'âme revendiqué par les anciens de la maison jaune et verte ? La primauté du collectif sur les individualités. Et bien sûr le pari sur les jeunes talents du centre de formation, préférés au débauchage de stars médiatiques. À ce titre, la tragi-comédie du départ de Fabien Barthez illustre parfaitement les dérives du club nantais.

Faut-il, pour autant, se réfugier dans la simple évocation d'une époque mythique pour renouer avec le succès et la Ligue 1 ? Non, et personne ne le prétend sérieusement. L'époque des José Arribas, Philippe Gondet ou encore Henri Michel est révolue. L'inflation des budgets et les droits télé ont bouleversé la culture du sport professionnel. Mais la nécessaire adaptation aux réalités du moment ne doit pas empêcher de reconstruire à partir de ces fondamentaux.

« Plus simple que Dassault vende »

C'est en tout cas ce que réclame l'immense majorité des supporters, sur le forum nantes. maville. com notamment. Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes, ne semble pas souhaiter autre chose. « Je ne crois pas que le management actuel soit en situation d'incarner le renouveau. Il serait plus simple que le propriétaire actuel, Serge Dassault, vende. »

Son appel sera-t-il entendu ? Rudi Roussillon, placé à la tête du club en juin 2005 par Serge Dassault, reste silencieux. La proposition de Daniel Augereau, le PDG de Synergie et principal parraineur des Canaris, de se porter candidat au rachat avec d'autres sponsors réveille de vieilles querelles politiques. « La dernière fois que M. Augereau s'est investi dans le sport, avec le basket, cela s'est terminé avec une faillite », a indiqué de manière lapidaire Jean-Marc Ayrault à son ancien adversaire RPR aux municipales de 1989. Celui-ci a réagi hier soir : « Je n'étais plus le président du NBC lors du dépôt de bilan, mais j'étais resté caution et j'ai payé de ma poche. » Par ailleurs, Daniel Augereau souhaite que le groupe Dassault reste « mais qu'il ne joue pas en solo ».

En attendant d'éventuelles réponses à la question de l'actionnariat du club, la relégation n'est pas vécue à Nantes comme la fin du monde ou une descente aux enfers. Le public, passionné et fidèle, ne verse pas dans le chauvinisme à outrance. La modération est également de mise dans les milieux économiques. « Le club apporte de la notoriété par effet de répétition, mais l'important, c'est le contenu », explique Jean-Marc Devanne, directeur de l'office de tourisme.

Il est vrai que Nantes brille désormais plus par ses créations culturelles, ses réalisations urbaines, que par le sport de haut niveau. Cette année, sauf miracle, le Snuc (rugby) et l'Hermine (basket) descendent aussi en ligue inférieure.

Jean-Marie BIETTE.

Ouest-France

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