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Anthony Josselin a repris la gérance de la station avec sa femme il y a trois ans. Lui et sa femme Isabelle ont repris il y a 3 ans la gérance de la station-service Avia installée boulevard de l'Égalité, à deux pas de la place Zola. L'une des dernières stations du centre-ville. « Elle existe depuis au moins cinquante ans. Il y a dix ans, il y en avait encore une bonne dizaine à Nantes. Aujourd'hui, on est les seuls dans un rayon de 4 km ».
Oubliés dans les armoires
Carburants, lavage, pneus, vidange, point relais La Redoute : la station, ouverte sept jours sur sept, de 7 h à 21 h, tourne gentiment. « On a une clientèle de quartier, pas mal d'habitués », explique Anthony. Beaucoup d'anciens, aussi.
C'est d'abord à eux qu'Isabelle a pensé en décidant de reprendre l'idée d'un collègue pompiste de Deauville qui, depuis deux mois, accepte les paiements en francs. « Il y a encore des vieux billets qui dorment dans les armoires. Vu la conjoncture, autant qu'ils servent à quelque chose. Et pourquoi pas à payer l'essence ? C'est un petit service supplémentaire qu'on offre à notre clientèle ».
Le cousin de Tunisie
Depuis jeudi, les clients de la station peuvent donc régler leur carburant avec des billets retirés de la circulation le 1er janvier 2002 (lire encadré). « On a déjà vu deux ou trois personnes qui nous ont dit en avoir chez elles. Dont une qui s'est souvenu d'un billet de 500 francs qu'un cousin de Tunisie gardait dans sa poche ».
Pendant tout l'été, Anthony et Isabelle vont donc récupérer les vieilles coupures, qu'ils échangeront ensuite à la Banque de France. « La conversion en euros, c'est pas méchant. On demande juste aux gens de faire des comptes ronds. Par exemple, s'ils ont un billet de 100 francs, de prendre environ 15 € de carburant ».
Coup de pub
Pour lancer leur opération, les gérants de la station Avia ont fait imprimer de grandes affiches : « Ici on accepte les francs ».
« C'est aussi un moyen de se faire un petit coup de pub », reconnaît Anthony qui, avec la flambée des prix des carburants, a vu ses volumes chuter depuis quelques mois. « En juin, on a fait 30 000 litres de moins qu'en juin 2007. Les gens roulent moins, et ils surveillent leur consommation ». Avec leurs vieux « biftons », certains vont pouvoir s'offrir quelques kilomètres supplémentaires.
Xavier Boussion