Hier matin, cours des Cinquante-Otages à Nantes. « Selon nos collègues de la Caf, il y a de plus en plus de demandes de petits prêts pour boucler les fins de mois », nous dit cette militante de la CFDT qui participe à la manifestation du 1er mai. : Franck DubrayEn ce jeudi matin, 1er mai de grosse pluie, de peu de soleil et de réconciliation CFDT et CGT, on parle de retraite mais surtout de pouvoir d'achat. « Les salariés trinquent, affirme Marie-Claude Robin, la secrétaire départementale de la CGT. On touche au porte-monnaie de ceux qui n'ont pas grand-chose. On le voit avec l'histoire du RSA », finalement financé par le redéploiement de la prime pour l'emploi.
« Un mal-vivre »
« Selon nos collègues de la Caisse d'allocations familiales, il y a de plus en plus de demandes de petits prêts pour boucler les fins de mois, assure Chantal Richard, de la CFDT. Jamais eu, non plus, autant de dossiers de surendettement. Tout ça est inquiétant. » Inquiétant, dit-elle, et pourtant, ce n'est pas la foule dans les rues de Nantes. Guère plus de 3 000 manifestants. « C'est déjà pas mal pour un 1er mai. Et vu le temps... », martèlent en choeur les leaders syndicaux.
Dans le cortège, des salariés d'Airbus ignorant le plan de vol de leur direction ; des ouvriers de Trelleborg, l'équipementier automobile de Carquefou, où 450 d'entre eux vont être licenciés ; « des exclus de la modernité capitaliste », selon l'expression de Didier Hude, de la FSU ; des agents du CHU, des anarchistes, des lycéens...
« C'est clair, y'a un mal-vivre », considère le cédétiste Christian Lenglet. Et ce taux de chômage globalement en baisse ? « Et combien d'emplois précaires, ces emplois qui ne génèrent pas de croissance économique ? », dénonce Pascal Priou, le patron de l'Unsa en Loire-Atlantique. « Quelques heures de travail par semaine et on te retire des chiffres du chômage ! », s'insurge Marie-Claude Robin.
« Nous appelons à renforcer la mobilisation aux côtés des lycéens », clame Sabine Dupuy, la porte-parole de Solidaires. « Rendez-vous aux manifs des 15 et 22 mai, invite Marie-Claude Robin. Le mécontentement monte. »
Sur une banderole, sont écrits ces mots de la résistante Lucie Aubrac : « Résister est un verbe qui se conjugue au présent ».
Jean-François MARTIN

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