Ciné pôle sud entre dans la 3e dimension
Le multiplexe de Basse-Goulaine diffusera son premier film en relief le 17 octobre, Bienvenue chez les Robinsons, une production Disney.
Le multiplexe de Basse-Goulaine expérimente le cinéma en relief le 17 octobre. Seuls quatre autres cinémas de France lui emboîtent le pas.
Le 17 octobre, vous projetez votre premier film en 3D. Vous pensez que c'est le cinéma de demain ? Philippe Laury, PDG de Leclerc pôle sud et propriétaire de Ciné pôle sud : je suis persuadé que ça va marcher. Avant de me lancer, je n'ai pas raisonné en tant que professionnel du cinéma, ce que je ne suis pas, mais en tant que spectateur. Les gens ont envie de se divertir. Et la 3D, c'est encore plus fort que le cinéma, c'est du spectacle. Les gens auront l'impression d'être au coeur du film. Ils se sentiront plus acteurs que spectateurs. Je pense que la 3D va révolutionner le monde du cinéma. Jeffrey Katzenberg, le patron de Dreamworks, est convaincu que l'arrivée de la 3 D sera aussi importante que celle de la couleur.Vous êtes l'un des tout premiers à vous lancer en France. Et le seul du grand Ouest. C'est votre concurrent et voisin Cinéville, à Saint-Sébastien, qui marche moins bien que vous, qui va être content...On était là avant. Depuis l'ouverture de Cinéville, on a perdu très peu de public. Nos clients sont restés fidèles. On fait la même chose, en moins cher. Notre confiserie, aussi, est moins chère. Tout ça, ça peut faire la différence. On n'a pas autant de sièges que Cinéville (1 796, NDLR) mais on mise au maximum sur l'accueil et le confort. On a des sièges plus larges et plus confortables que la plupart des autres cinémas, un son et des écrans optimisés (1). Et puis, avec un tarif plein à 7,50 €, on est un peu moins cher que les autres. Le tarif plein, pour voir un film en 3D, sera de 9,90 €. Soit 2,40 € de plus que le tarif normal. Pour une exclusivité, ça n'est pas si cher. Les quatre autres salles qui se lancent en même temps que nous ne sont pas tout près : il y a Paris, Cannes et Forbach.La 3 D concerne encore peu de films. Allez-vous privilégier les grosses productions américaines, très portées sur l'affaire ? Les films américains et les blockbusters, c'est déjà notre créneau. Notre programmation est familiale et grand public, à l'image de la clientèle de Pôle sud. Et on accueille de plus en plus de jeunes.Mais ça va démarrer doucement... Combien de films allez-vous projeter cette année en 3 D ? Trois films, dont L'Étrange Noël de Mister Jack, de Tim Burton. En 2008, on diffusera notamment le remake de Voyage au centre de la terre. En 2009, on aura une sortie tous les deux mois. Plus quelques réalisations à part comme le concert de U2 ou des documentaires qui pourront être montrés aux scolaires. On a tous en mémoire les lunettes cartonnées des débuts de la 3 D. Les spectateurs les chausseront-ils ? On a privilégié un autre système, avec des lunettes dites actives. Elles seront commandées par un lecteur infrarouge et occulteront successivement la vision de l'oeil gauche et de l'oeil droit du spectateur. Nous, on n'aura pas besoin de changer d'écran mais nous récupérerons les paires de lunettes dont le coût est, actuellement, de 50 €. L'investissement global, lui, représente 80 000 €. C'est clair, c'est énorme. Et la France va prendre du retard : le monde du cinéma hésite à se lancer car il se demande qui va payer. Nous, on fonctionne depuis le début avec zéro subvention.Avez-vous fait des émules parmi les autres exploitants Leclerc ? On a ouvert Ciné pôle sud en 2003. Trois ans après, un Leclerc de Saintes a ouvert un cinéma, puis Ploërmel. Trois autres projets sont actuellement à l'étude. Mais le cinéma n'est pas une stratégie Leclerc. C'est un choix de la part de ses exploitants. Ici, dans le sud-Loire, le contexte s'y prêtait. En 2006, avec 360 000 entrées, on a fait le meilleur taux de remplissage par fauteuil en province.Recueilli par Isabelle MOREAU.(1) Ciné pôle sud est doté actuellement de 7 salles et 797 fauteuils. Comme le prévoit la loi, avant fin 2008, le multiplexe aura la possibilité de s'agrandir et dépasser la barre des 1 000 sièges sans solliciter la Commission départementale d'équipements commerciaux (CDEC).
Ouest-France
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