Bruno Martel est exploitant à Bains-sur-Oust, en Ille-et-Vilaine. Son lait n'est pas contaminé. Il assure cependant : « Il va nous falloir être solidaire avec ceux qui sont touchés. » « Cela permettrait d'avoir une piste sur le moment de la contamination, indique Jean-Luc Fossé, responsable de la FDSEA d'Ille-et-Vilaine. Les éleveurs pourraient alors supprimer la source de contamination des bêtes. » Mais rien n'est sûr. « On espère juste qu'on y verra un peu plus clair », poursuit le producteur. Didier Vaucel, directeur adjoint de services vétérinaires d'Ille-et-Vilaine, tempère, lui aussi, les dernières hypothèses : « Nous explorons les causes possibles les unes après les autres », d'après les points communs repérés entre les différentes fermes contaminées.
Les producteurs doivent donc encore et toujours attendre pour en savoir plus. « Depuis une semaine on ressent un véritable mal-être », lance Bruno Martel, producteur de lait installé à Bains-sur-Oust, près de Redon (Ille-et-Vilaine). Son lait n'est pas touché, « mais ça ne m'empêche pas de me sentir concerné », insiste-t-il. En effet, cette nouvelle crise a soudé les agriculteurs de la région. « Car on est tous dans la même panade », explique Jean-Luc Fossé.
Sans responsable, pas d'indemnisation
Face aux enquêteurs des services vétérinaires aussi, « les exploitants sont prêts à jouer le jeu ». Les techniciens de la DSV se sentent bien accueillis. « Les producteurs arrivent à faire la part des choses, assure Didier Vaucel. Ils ont bien compris que l'objectif est le même pour tout le monde : trouver la cause. » Pourtant les agents de la DSV peuvent annoncer de très mauvaises nouvelles. Les éleveurs contrôlés positifs doivent bloquer leur exploitation : retirer leur lait du circuit de consommation, et garder les bêtes sous-séquestre. L'interdiction pèse d'autant plus lourd que les agriculteurs ne savent pas combien de temps elle va durer.
Pour l'instant, les laiteries se tiennent aux côtés des exploitants. « Ce qui nous préoccupe le plus, ce sont nos producteurs », confie Jean-François Falcetta, responsable technique de la Laiterie de Derval (Loire-Atlantique). Les entreprises continuent à collecter le lait des fermes positives à la dioxine, et à le payer. Marcel Denieul, président de l'interprofessionnelle des producteurs laitiers de l'Ouest, souligne néanmoins le « préjudice économique » ainsi engendré pour les entreprises. Car sans responsable identifié de la contamination, aucune indemnité n'est pour le moment possible ni pour les laiteries, ni pour les producteurs.
Pauline BUISSON
et Rachel KNAEBEL.

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