Waldemar Kita : « Ce n'est pas l'entraîneur qui est sur le terrain »
Christian Larièpe, Claude Robin et Waldemar Kita préparent le FCN de demain. Un FCN qu'ils espèrent en L1. Avec Michel Der Zakarian sur le banc... : Photo Pierre Minier/Ouest Médias
Au lendemain du non match gueugnonnais (1-1), le président du FCN a confirmé que Michel Der Zakarian sera prolongé en cas de montée en L1. Mais aussi annoncé qu'il devra composer avec une nouvelle organisation du club...
Qu'avez-vous dit aux joueurs après le match à Gueugnon ?
« Je leur ai dit que je suis quelqu'un qui respecte ses engagements et qui aimerait qu'ils respectent les leurs. Mais si vous voulez tout savoir, je n'ai pas « gueulé » : ça ne sert à rien. »
Ne vous êtes-vous pas senti trahi ?
« Non. D'ailleurs, je continue à dire que c'est un très bon groupe. Mais dans la vie d'un groupe, il y a des courants d'air. Certains sont chauds, d'autres froids. C'est le rôle de l'entraîneur et de l'encadrement technique de trouver la solution quand ça ne va pas. »
L'entraîneur, justement. N'est-il pas fragilisé par un tel match ?
« Non, c'est tous ensemble qu'on doit trouver la façon de travailler encore mieux. Aujourd'hui, il serait malhonnête de mettre tout sur le dos de l'entraîneur. Ce n'est pas lui qui est sur le terrain. »
Vous avez donné l'assurance à Michel Der Zakarian qu'en cas de montée, il serait prolongé. Ne le regrettez-vous pas aujourd'hui ?
« Non, je prends mes responsabilités. Et puis, j'admire l'homme. Il est travailleur, respectueux. Mais ensuite, il doit passer à l'étage supérieur. Cela dit, je pense qu'il a une très grosse marge de progression. Ma plus grande satisfaction serait qu'on réussisse tous ensemble. »
Avouez que, malgré ce qui s'est passé à Gueugnon, c'est bien parti. Êtes-vous, dans ces conditions, obligé d'attendre pour prolonger son contrat ?
« Quand je suis arrivé, je lui ai offert la chance de se rattraper en remontant. Si la montée est assurée, il prolongera. Ce sera la fin de la première étape. »
La première étape ?
« Monter en Ligue 1. »
Et ensuite ?
« La deuxième étape, c'est préparer la L1. À vrai dire, on a commencé avec le recrutement du mercato. Par ailleurs, on continue en mettant des choses, notamment une nouvelle organisation, en place. Concernant cette deuxième étape, on se donne rendez-vous à la fin avril. On en dira plus à ce moment. »
Des pistes ?
« Par exemple, il faut une aide psychologique pour les joueurs. La vie a changé. Le foot aussi, qui se gère comme une entreprise. Seulement, là, il n'y a que des hommes à gérer, ce qui est beaucoup plus difficile que gérer des machines et des hommes, comme dans une entreprise « normale ». L'homme, on ne peut pas le programmer. Comment trouver le mot juste, le bon geste pour que le joueur soit le plus efficace possible ? Connaissez vous des formateurs capables de gérer ça ? C'est un des problèmes du foot actuel. »
C'est-à-dire ?
« C'est quelque chose qui me travaille depuis longtemps. Je pense qu'à l'avenir, la force d'un groupe se jouera là-dessus. »
Vous souhaitez recruter un préparateur mental ?
« Mais ce ne peut être le travail d'un seul homme ! Il ne peut pas faire ça tout seul. De même, il ne peut pas y avoir un seul préparateur physique, un seul médecin, un seul kiné. En d'autres termes, et vous l'aurez compris, beaucoup de choses vont changer l'année prochaine. »
Un changement de quelle nature ?
« Ça concernera la méthode, mais aussi les hommes. Je vais prendre mes responsabilités. On a besoin d'avoir des résultats sportifs constants. Pour cela, on prépare les fondations. Comme quand on veut construire une maison solide. »
Parmi tous les changements, on parle d'un duo d'entraîneurs...
« Pourquoi pas. Il faut être créatif, aller plus loin dans la gestion des hommes. »
Certes, mais êtes vous certain que quelqu'un comme Michel Der Zakarian, tout juste renouvelé, s'adapterait facilement à la mise en place que vous appelez de vos voeux ?
« Pour moi, l'entraîneur est un cadre supérieur comme les autres. Il doit suivre à tous les niveaux, en particulier sportif pour lui, la philosophie du club. Prenez Lyon, six fois champion de France avec trois entraîneurs différents (Jacques Santini, Paul Le Guen et Gérard Houllier). S'ils sont tous partis, c'est qu'ils n'ont pas supporté la pression, pas plus que de se faire commander. Mais ces entraîneurs, ils sont où, maintenant ? Dans le même temps, Lyon continue sa route... »
Propos recueillis par Jérôme Le Garrec
Presse-Océan