Stefan Babovic, ici devant Djamel Abdoun à l'entraînement hier matin, aborde la saison avec des ambitions très élevées. : Franck DubrayC'est également mon sentiment. C'est un championnat plus technique, avec davantage d'espaces et des équipes qui vont vers l'avant. Déjà, j'ai pu voir, dans les matches amicaux contre l'OM ou Rennes, que je jouais mieux que l'an passé.
Vous avez eu 6 mois pour vous adapter. Désormais, tout le monde attend de vous un autre rendement. Sentez-vous cette pression ?
Je ne parlerai pas de pression supplémentaire. Je me sens bien, beaucoup plus prêt physiquement surtout. C'est capital. Lors des six mois de L2, j'étais à 20 % de mon potentiel. J'avais une condition physique qui ne me permettait pas de tenir plus de 20 minutes. Physiquement, j'étais catastrophique car je n'avais pas eu de temps pour faire une préparation.
Ne partir aux JO, était-ce une grosse déception ?
Bien sûr. Une très grosse déception même. C'est mon pays ! J'avais une grosse pression, car chaque jour, la fédération m'appelait. Finalement, j'ai dû rester là. J'espère que ça ne va pas me valoir de problèmes pour la suite. Je suis un peu inquiet. Je ne sais pas trop comment ça va se passer après ça, car je suis le seul, avec Filip, à ne pas être allé en Chine. D'un autre côté, je suis content de pouvoir débuter avec Nantes.
« Klasnic peut m'aider »
Le poste que vous avez occupé lors des matches amicaux est-il celui que vous préférez ?
Je crois effectivement que je me sens mieux en 10. Car je peux donner davantage de ballons pour les attaquants. Pour Aurélien (Capoue) qui va très vite, pour Djamel (Adboun) qui est très technique. Et bien sûr pour Ivan (Klasnic) à la finition. C'est un joueur qui a une énorme expérience. Il peut beaucoup m'aider. En tout cas, je crois que ça ira mieux que l'an passé, pour ce qui me concerne et que, collectivement, on peut approcher un peu plus le jeu nantais. En plus, derrière moi, j'aurai N'Daw, un joueur très puissant et rassurant quand on est devant.
Dans quels domaines pensez-vous devoir le plus progresser ?
Dans l'utilisation de mon pied droit. Et sur la concentration dans la finition. L'an dernier, j'ai eu beaucoup d'occasions et je n'ai pas marqué. Ça doit être différent cette saison.
Avez-vous le sentiment d'avoir progressé depuis votre arrivée à Nantes ?
J'ai gagné en confiance, en tant que personne. En étant seul ici, je suis devenu un peu plus adulte. Et je n'oublie pas que Nantes m'a aidé à aller en sélection nationale A.
Vous ne regrettez donc pas votre choix ?
Non. Surtout depuis cet été où j'ai vu arriver de très bons joueurs. MM. Kita, Larièpe et Robin ont fait un travail remarquable en matière de recrutement. Et puis, Nantes m'a donné une opportunité rare : disposer de temps pour progresser. Comme au temps de Makelele. C'est bien de retrouver ça.
On vous reproche encore de pas toujours lâcher votre ballon assez vite...
On est toujours la cible de critiques, c'est normal. Les gens qui disent cela ont raison au regard de la saison dernière. Il y avait des situations où je ne donnais pas assez rapidement. Mais en évoluant en 10, je n'aurai de toute façon pas le choix.
« (ma famille) ce n'est pas
Bill Gates ou Abrahamovic »
Quelles sont vos relations avec vos partenaires ?
Je m'entends bien avec tout le monde. Après, on a toujours des affinités plus prononcées avec certains. Mon meilleur ami dans cette équipe est Ricardo Faty.
Pouvez-vous nous dire ce qui s'est passé jeudi avec Djamel Abdoun (lire par ailleurs) ?
C'était un accrochage verbal. C'est un mec très gentil et on est ami. Ça arrive dans le foot. Dans le futur, il n'y aura pas de problème, il ne faut pas s'inquiéter. On a déjà reparlé.
Il n'y a donc pas eu de coup ?
Non. Juste un contact chaussure-tête, mais c'était pendant le tennis-ballon.
On entend beaucoup parler de vous comme d'un enfant gâté...
Ah bon. C'est vrai, j'ai signé un bon contrat ici. Il y a toujours des critiques. Moi, je sais ce que je fais. Je peux me regarder dans la glace. Je fais beaucoup d'efforts pour être performant. On verra sur le terrain.
Mais le fait d'être issu d'une famille très riche pourrait vous inciter au dilettantisme...
Oui, enfin une famille qui vit très bien. Mais ce n'est pas Bill Gates ou Abrahamovic (rires). Et puis, si mon père a gagné beaucoup d'argent, c'est à partir des sommes que le Partizan m'a versé depuis l'âge de 13 ans. Il a su les faire fructifier très intelligemment. Maintenant, si je n'avais raisonné que financièrement, je serais parti à Naples ou au Herta Berlin. J'ai regardé ma carrière.
Mais, dans votre esprit, Nantes reste une étape avant d'aller plus haut ?
Au début, oui, je raisonnais comme ça. Mais désormais, je veux rester ici jusqu'à la fin de mon contrat, dans trois ans. Car je crois qu'on peut avoir l'ambition de disputer la Ligue des Champions dans un an ou deux. Dès lors, pourquoi voudrais-je partir ?
Cela vous semble réellement possible ?
Peut-être pas dès cette année. Il faut rester modeste. Mais si on fait une bonne saison et qu'on ajoute encore un ou deux joueurs très forts l'été prochain...
« M. Kita aime mon jeu. Qu'y puis-je ? »
Vous êtes-vous donné un objectif buts et passes décisives ?
J'en ai un, mais je le garde pour moi car je ne voudrais pas que cela ajoute à la pression naturelle de la compétition. En tout cas, je compte bien marquer très rapidement mon premier but sous le maillot nantais. Dès Auxerre je l'espère.
Quelle est la nature exacte de vos relations avec le président Kita ? On vous dit très proches...
(sourire) Je ne peux pas dire au président de ne pas aimer mon jeu. Il aime mon jeu, que puis-je contre ça ? Après, peut-être qu'on a plus d'affinités qu'avec d'autres. Mais dans le vestiaire, je suis un joueur comme un autre. En tout cas, on doit tous être reconnaissants envers M. Kita pour ce qu'il fait à Nantes. Il a pris le club à un moment très difficile et il fait du bon boulot. C'est quelqu'un de gentil et d'ambitieux.
Et avec la ville de Nantes, le feeling semble bien passer. De nuit comme de jour...
Je ne suis sorti qu'une fois, au début. Je ne suis pas un mec qui sort beaucoup. Je prends un café au Molière. Mais après, je vais dormir. Je n'aime pas la musique trop forte. Mais effectivement, je me plais bien à Nantes où j'habite en centre-ville. Je sens une ville qui a envie et besoin de son grand club de foot. Ça donne envie de tout donner. Il faut notamment qu'on soit irréprochable à la Beaujoire.
Recueilli par
Pierre-Yves ANSQUER.

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