Football : Fermer les yeux n'est pas mentir...
Stefan Babovic commence sérieusement à énerver ses coéquipiers par son égoïsme, et on ne parle pas de Djamel Abdoun avec lequel il a échangé quelques amabilités. : Franck Dubray
Ligue 1. L'égalisation de Keserü ne doit pas faire oublier la pauvreté du jeu nantais pendant une heure.
À condition de se poser les bonnes questions...
Samedi soir, Michel Der Zakarian aurait très bien pu mettre fin au calvaire de Douglão après un quart d'heure de jeu ou éviter au jeune Brésilien une bronca en le sortant à la mi-temps. Mais l'entraîneur du FC Nantes a prolongé la plaisanterie jusqu'à la 54'. Il aurait pu tout aussi bien se conformer à ses plans initiaux et confier ce couloir droit de la défense à Guillaume Moullec, même si aux yeux de la nouvelle direction, l'ex-Lorientais n'est qu'un joueur de Ligue 2.
D'ailleurs, si MDZ s'en était tenu à ses plans initiaux, travaillés dans l'intimité de la Beaujoire mercredi dernier, Stefan Babovic se serait d'entrée, lui, installé sur le flanc gauche plutôt que dans l'axe central où le Serbe provoque les courroux de ses partenaires, de plus en plus hostiles à ses perversions techniques.
Si Christian Larièpe n'était pas pour quelque chose dans le recrutement de Douglão, le directeur technique du FCNA aurait certainement tenu un propos plus acide à propos de cette expérience suicidaire en défense. « Qui ne tente rien n'a rien. » Si le Monsieur recrutement des Canaris n'avait pas un faible pour Stefan Babovic, il ferait peut-être également preuve de moins d'indulgence au sujet de ses couloirs. « Avec Abdoun à droite et Babovic, je suis persuadé que nous avons nos deux meneurs, avec leurs qualités et leurs défauts ».De même, si Nicolas Goussé n'était pas pressé de quitter les lieux par la nouvelle direction, peut-être que l'attaquant nantais pourrait logiquement figurer sur la feuille de match.
Les couloirs de la peur
En fait, si personne ne voulait se mentir à lui-même, il ne pourrait se suffire de deux coups de pied arrêtés de Keserü et d'une seule action digne de ce nom conclue par le même Roumain. Il avouerait tout bonnement que le FC Nantes affiche des manques particulièrement criards, aussi bien en défense où il semble lourdaud, que dans les couloirs où il semble confronté à une équation à deux inconnues. Qui à gauche ? Babovic dont ce n'est pas le poste - à l'heure actuelle la vraie place du Serbe se situerait davantage dans les tribunes - ou Capoue qui n'a toujours rien montré à ce niveau de la compétition. Qui à droite ? Abdoun encore un peu tendre pour la L1 et comme Capoue trop souvent amené à repiquer dans l'axe ou le bon vieux Da Rocha auquel il ne faudra pas demander de gambader jusqu'au point de corner.
Pour tout dire, si le FC Nantes formait encore une véritable famille, Heurtebis n'afficherait pas, en dépit de son dégagement victorieux dans le temps additionnel, une certaine fébrilité et Claudiu Keserü serait assuré de former une doublette avec Ivan Klasnic la semaine prochaine à Bordeaux. Mais comme Nantes n'a pas de projet de jeu, même les meilleurs (Ricardo Faty à Auxerre) peuvent goûter le banc à n'importe quel moment.
Si Nantes avait mis à profit la trêve estivale pour se dire les choses, Waldemar Kita n'aurait pas profité de la venue de Monaco pour évoquer ce vieux serpent de mer qu'est le poste de manager. « Je suis persuadé qu'il faut quelqu'un capable de gérer l'entraîneur et les joueurs, mais le problème, c'est que la France n'est pas habituée à ce type de management. Par respect pour leurs collègues, certains refusent, sans voir de façon logique ce qu'ils pourraient nous apporter. » Pourquoi vouloir faire compliquer là où la simplicité a procuré tant de bonheur par le passé ?
Christophe DELACROIX.
Ouest-France