Insertion : Meriem créé son centre d'appel
Marie (de dos) prend des rendez-vous tandis que Meriem dialogue avec Ahmed, le premier client de la société.
Abdel, journaliste marocain, et Meriem, son épouse, se sont installés à Nantes en 2003. Meriem a créé un centre d'appels d'insertion. Une solution pour s'en sortir par ses propres moyens.
« Je n'ai pas le choix. Comme on ne veut pas vivre d'aides sociales et que personne ne voulait m'embaucher, j'ai créé mon emploi. » Meriem sait ce qu'elle veut. Et, surtout, ce qu'elle ne supporte pas : la mendicité. Alors, elle a créé Merelcom, une société de télémarketing. Un centre d'appels. Mais, surtout, d'insertion pour des personnes qualifiées et en difficultés. C'est une première en Loire-Atlantique. Un pur produit de la phonie et du commercialAbdel et Meriem El Khalil se connaissent depuis la fac, à Casablanca : « On s'est mariés en 1998. Abdel a été embauché comme journaliste dans trois quotidiens ou revues. Moi, je suis un pur produit de la phonie et du commercial. J'ai exercé des responsabilités dans ce métier pendant dix ans à Casa. »En 2003, le couple décide de s'installer à Nantes, avec leur petite fille Narjiss. Meriem n'oublie rien des années de galère. Pour ne pas dépendre uniquement d'aides sociales, Abdel accepte momentanément un poste de boucher. Meriem multiplie les envois de curriculum vitae : « Je n'ai pas reçu la moindre réponse, même négative, à toutes ces demandes. Pas une seule ! »Alors, au bout de deux ans, Meriem prend une décision : « J'ai décidé de créer mon emploi. En aidant d'autres personnes comme moi. Qualifiées mais sans emploi depuis trop longtemps pour intéresser un éventuel employeur. » Elle décide de travailler dans le télémarketing, domaine qu'elle connaît le mieux : « Il s'agit, pour le compte d'une société, de prendre des rendez-vous pour des clients ou de recevoir et de gérer leurs appels. On peut aussi assurer la domiciliation d'entreprises et le secrétariat à distance. » Sans oublier les nouveaux services liés au web.Jouer la proximitéElle frappe à toutes les portes des administrations et des collectivités territoriales. Elle fait le tour des entreprises, surtout des grands groupes de télémarketing. La prospection est positive : « Je crois en mon projet. Au lieu de délocaliser, ils jouent la proximité en nous faisant travailler, ici, à Nantes. » Après deux ans de démarches, de dépôts de dossiers en passages de commissions, d'attentes, de remise en cause, de déception et d'espoir, Meriem sort enfin du tunnel : « La société est créée depuis le 5 novembre 2007. Je suis gérante. Il y a un superviseur salarié et trois employés en insertion. Un début de victoire ! » D'autant que la gérante de Merelcom vient d'obtenir l'autorisation de créer trois nouveaux postes d'insertion. Une ascension fulgurante !Premier clientAhmed Remadi est artisan plombier. Il est fier d'être le premier client de Merelcom. Il se souvient : « Quand j'ai rencontré Meriem, j'étais au bout du rouleau. Je pensais déposer mon bilan. Je n'arrivais pas à trouver des clients. J'ai jamais su me vendre ! » Meriem et son équipe s'investissent à fond : « En deux semaines, ils ont réussi ce que je n'avais pas su faire en six mois. Ils m'ont trouvé plein de contrats, chez des particuliers ou en sous-traitance. Au point, qu'aujourd'hui, je vais devoir embaucher ! »Le centre d'appels Merelcom est sur les rails. Meriem est convaincue qu'il est sur le chemin de la victoire.Chantal BOUTRY.Pratique : Merelcom, centre d'appels, 8 rue du Doubs, 44 100 Nantes. Tél. 02 40 85 71 90. Fax : 02 40 95 00 53. Site : www.merelcom.net
Ouest-France