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Et vous, qu'en pensez-vous ? Donnez votre avis dans notre forum !Qui a envie de voir ouvrir en région nantaise un lieu touristique dédié à l'histoire et au savoir-faire aéronautique ?Plusieurs partenaires sont depuis l'origine (1993) dans le projet Aeroscope. Des institutions (Bouguenais, la CCI, Airbus, Nantes métropole, le département, l'Aviation civile, l'armée de l'Air) et des passionnés : l'association des Aeroplanes, l'amicale du Super Constellation, l'aéro-club, Looping, Les Vieilles Tiges, Buffalo Wings et Breizh Air Force. Côté public, un indice : 7 500 personnes ont apprécié le site lors des journées du patrimoine 2005.
Pourquoi l'Aeroscope a-t-il choisi le site de Château-Bougon et pas un autre lieu sur Nantes ?
Pour l'histoire des bâtiments existants. Un hangar à tonneaux, ancien abri pour les avions d'une surface de 4 500 m
2 se dresse en bordure du tarmac (en face de l'aéroport actuel). Et l'ancienne tour de contrôle, dite « tour anglaise » (occupée par l'aviation britannique en 1939), est une des dernières du genre subsistant en France en l'état. À leurs côtés, une fois remonté, le hangar Bessonneau (superbe charpente bois et couverture toilée) récupéré à la Ferté-Alllais, ne dépareillerait pas. Pour compléter la visite, le projet prévoit un abri couvert pour le Super Constellation (avion de ligne des années 50) et un hangar supplémentaire pour les réserves de matériel.
Est-ce le coût de la restauration et aménagement des lieux pour recevoir le public, estimé à 31 millions d'euros, qui plombe le projet ?
Fin 2007, l'investissement ne faisait pas peur aux collectivités. Le dossier complet et technique fourni par le cabinet Amofi convenait. Pour s'assurer de la viabilité et l'intérêt touristique du projet, il a été décidé de financer une étude de marché (30 000 €). Cela a pris du temps. Les conclusions ne sont pas rendues. Depuis, la conjoncture a changé la donne. Les collectivités, sans certitudes sur leurs ressources financières, sont plus hésitantes. Le projet reste discuté cependant. 31 millions, c'était le scénario optimum. Il est possible de réduire la toile. En guise de comparaison, la restauration des nefs Dubigeon a coûté 5,6 millions d'euros.
Le terrain convoité pour l'Aeroscope est une zone militaire qui n'est plus utilisée (voir photo). Pourquoi Bouguenais ou la communauté urbaine ne peuvent en acquérir une partie ?
Avant de vendre, il est obligatoire de dépolluer. Or, la propriété de Château-Bougon recèle des engins explosifs, vestiges de la guerre, pas simples à éliminer. L'État a toujours refusé de céder le terrain à la ville de Bouguenais pour cette raison. Pourtant, l'espace qu'occuperait l'Aeroscope, une partie du terrain en lisière de propriété, ne présente pas de danger. Pour preuve, il a été par le passé utilisé pour restaurer et entreposer des avions. Malgré cela, l'administration a opposé un refus net aux élus. Et pour compliquer les choses, le dossier se promène entre l'aviation civile et le ministère de la Défense. Est-ce parce que l'État a en vue la vente globale des espaces aéroportuaires pour financer Notre-Dame-des-Landes ? C'est ce que suppose le président d'Aeroscope. En ce cas, quid de la dépollution.
L'association Aeroscope a-t-elle un plan B ? De nouvelles pistes pour faire redécoller le projet ?
Un regret d'abord : à Château-Bougon, les bâtiments historiques se dégradent. Le temps de démêler l'embroglio foncier, le projet risque d'atteindre un point de non-retour. Or l'association doit faire face à des besoins urgents.
« Un industriel nous prêtait 700 m2 de hangar que nous sommes obligés de quitter pour des questions de sécurité. Il nous faut grand, les pièces les plus courtes font 10 mètres », indique Jean-François Le Clerc, le président.
« Même si ça fait mal au coeur de laisser tomber Château-Bougon, il faut se résoudre à aller ailleurs. Commencer petit, avec 1 000 m2. » Pas de plan B. La recherche de mécènes, de propriétaires de grands hangars commence.
Sylvie HROVATIN.+
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