La droite veut sa place à Nantes Métropole
A la métropole, la majorité de gauche sort renforcée des élections. Mais les maires de droite et du centre veulent jouer un vrai rôle dans l'exécutif.
En basculant à gauche dimanche soir, Thouaré-sur-Loire a rejoint la majorité à la communauté urbaine. Après Bouaye et Saint-Aignan-de-Grandlieu au premier tour, ce sont donc trois villes qui passent de droite à gauche au sein de Nantes Métropole. 18 communes sur 24 sont désormais acquises à son président, Jean-Marc Ayrault. La gauche obtient 84 sièges, dix de plus que pendant le mandat précédent (2001-2008). « Cela ne change pas le rapport de forces », analyse Serge Poignant, député UMP et ancien leader des communes de droite à Nantes Métropole. Les 27 sièges restants - Nantes Métropole en compte 113 - se répartiront entre les composantes de l'opposition. Jusqu'à présent, elle était éclatée en trois groupes (1).
Plusieurs maires de droite et du centre ont exprimé leur désir de sortir de ce schéma qui les cantonne au rôle d'opposants. « Nous avons été légitimés par le scrutin dans notre fonction de maire, nous revendiquons de participer à l'exécutif de la communauté urbaine », explique Joseph Parpaillon, maire d'Orvault. Les élus du groupe Etic (« Équilibres territoriaux et des identités communales ») se sont rencontrés entre les deux tours pour discuter de cette stratégie. Les maires d'Orvault, de Vertou et de Carquefou ont sollicité un rendez-vous avec Jean-Marc Ayrault. « Nous souhaitons que les communes collaborent de façon intelligente. Il n'y a pas une manière de gauche ou de droite de réparer un trottoir », souligne Laurent Dejoie, maire de Vertou.
Vers un groupe centriste
Joël Guerriau, maire de Saint-Sébastien, qui appartenait jusque-là à un autre groupe, partage son point de vue. « Le fonctionnement actuel trahit les fondamentaux de la communauté urbaine. » Le maire de Saint-Sébastien, ardent défenseur d'une participation à l'exécutif, réclame la tenue d'une conférence des maires dans les prochaines semaines.
Mais à droite, les élus ne parlent pas tous d'une seule voix. Ceux de l'opposition nantaise ne se retrouvent pas dans un groupe qui met en avant l'identité des communes. De plus, il est désormais divisé entre Sophie Jozan (UMP) et Benoît Blineau (Modem). Ce dernier envisage de créer un groupe centriste à Nantes Métropole. « Je suis en contact avec des élus d'Orvault, Carquefou et Saint-Sébastien », précise Benoît Blineau. Son souhait est de « fonctionner comme dans toutes les communautés urbaines. Et obtenir des délégations ».
Chaque conseil municipal élira les conseillers communautaires dans les jours qui viennent. Les tractations pour les attributions de délégations vont commencer et devront être bouclées pour le premier conseil communautaire d'installation, le vendredi 11 avril.
Vanessa RIPOCHE (avec la rédaction).
(1) Les 3 groupes : « Équilibres territoriaux et des identités communales » (Etic), groupe formé par les maires des communes de droite et du centre (Vertou, Orvault, Carquefou...), « Démocratie et progrès », un groupe formé par les élus de Saint-Sébastien-sur-Loire, Saint-Aignan de Grandlieu... et enfin « Equilibre et développement », le groupe de la droite nantaise.
Ouest-France