+ Selon vous, la gratuité des transports publics est-elle envisageable dans l’agglomération nantaise ? Est-elle même souhaitable ? A quoi êtes-vous prêts pour l’obtenir ? Donnez votre avis dans notre forum !Le débat sur la gratuité des transports publics est sur la table. Qu'on le juge démagogique ou réaliste, il a le mérite de (re) poser la question des priorités des élus. Pour financer sa proposition, qui représente une dépense de 40 millions d'euros, Benoît Blineau, MoDem, veut créer des panneaux publicitaires dans les bus et le tramway. Le candidat centriste finance l'arrêt du ticket payant par un alourdissement du prix du stationnement en centre-ville. Et par le recours aux fonds publics :
« La gratuité nécessitera qu'on lui consacre 1 % de budget communautaire supplémentaire et qu'on mette un peu à contribution chaque commune. » Ce qui représente, pour les centristes,
« de très petits sacrifices » au regard des profits escomptés.Benoît Blineau ne voit que des avantages à la gratuité :
« Elle incitera les gens à renoncer à la voiture quand ça n'est pas utile. » Ce qui, selon lui, sera bénéfique à la qualité de l'air et à la santé de la planète.
La gratuité, par l'accroissement prévisible du flux de voyageurs, n'impliquera-t-elle pas un renforcement du parc de matériels roulants, donc de nouvelles dépenses publiques ? Benoît Blineau écarte cette objection :
« Il y a plein de bus qui tournent à vide. Il faut réguler tout ça. Il y a des économies à faire. »Jean-Marc Ayrault (PS). Le maire sortant pense que la proposition de Benoît Blineau
« n'est pas sérieuse », et de plus
, « elle est ruineuse ». Sa mise en oeuvre
« signerait la paralysie d'une offre de transport de qualité ». Jean-Marc Ayrault, après avoir précisé
« qu'aucune grande ville d'Europe ne pratique cette gratuité », rappelle que la Tan propose aujourd'hui moult tarifs incitatifs, adaptés ou gratuits, à plusieurs publics : chômeurs, personnes âgées, scolaires, étudiants, familles, etc.
« La gratuité, pour ces voyageurs, ça représente 10 millions d'euros pris en charge par le budget communautaire. » Ce qui est important, précise le leader de la liste de gauche et d'écologie,
« c'est d'améliorer sans cesse la qualité du réseau ». Selon lui, la proposition de M. Blineau,
« qui n'est pas chiffrée, plombe tout : elle arrête les investissements, augmente les impôts, la dette ou le déficit et sans service supplémentaire ». Le maire sortant ne veut pas
« de la paralysie » qu'engendrerait selon lui la proposition centriste :
« Sa proposition, qui est inquiétante, se traduirait par 12 km de ligne de tram en moins. Moi, je les veux en plus », conclut-il.
Sophie Jozan (UMP). La question mérite d'être posée, reconnaît la candidate UMP.
« Nous y avons travaillé. En effet, des expérimentations ont eu lieu, avec des bus, dans des villes comme Vitré ou Châteauroux. Mais, poursuit la chef de file de la liste de droite et du centre,
lorsque les agglomérations dépassent les 150 000 habitants, on bute sur le niveau des dépenses d'investissement et de maintenance. Surtout quand il s'agit du tramway dont les matériels et les investissements coûtent très cher. » Davantage de publicité ?
« Ça ne marche qu'avec de petits matériels comme les vélos. » Augmenter le versement transport des entreprises ?
« Nous sommes déjà au maximum. » Les transports collectifs coûtent déjà 90 millions d'euros par an à Nantes-Métropole, rappelle la candidate.
« La gratuité nous conduirait aussi à creuser les déficits publics. » Sophie Jozan n'a pas la certitude que la gratuité soit la meilleure façon de responsabiliser les citoyens. Elle préfère travailler sur un prix plancher, afin de concilier incitation à prendre les transports en commun et responsabilité financière.
Hélène Defrance (Lutte ouvrière). L'élue trotskiste fait d'abord remarquer, non sans malice,
« qu'elle n'a jamais entendu Benoît Blineau défendre la gratuité des transports en conseil municipal ». Elle rappelle qu'elle est,
« depuis toujours » favorable à cette mesure.
« C'est la seule solution pour développer les transports publics dans les grandes agglomérations », dit-elle. Comment financer la gratuité ? Par les finances publiques et surtout
« en mettant plus à contribution les employeurs et les grandes surfaces ». Thierry Fourage (LCR). Le candidat trotskiste
« est pour la gratuité des transports à Nantes et dans l'agglomération ». Il pense qu'elle représenterait, pour les couches moyennes et populaires,
« une compensation par rapport à des loyers qui flambent ». Hors la gratuité, d'autres mesures
« ne seraient que des mesurettes », dit le candidat. Qui doit régler le coût de la gratuité ?
« Ça doit être pris en charge par la collectivité », explique M. Fourage, qui n'est pas d'accord pour une recette tirée de la publicité.
Ghani Moussalli (Gauche alternative). Ce candidat, tête d'une liste « citoyenne », est tout à fait d'accord avec la proposition du candidat centriste.
« La gratuité des transports collectifs fait partie des propositions sur lesquelles travaille notre liste. Pour nous, il s'agit de répondre aux besoins des habitants, à l'urgence sociale et écologique. Pour M. Moussalli,
la gratuité est possible si on réoriente les dépenses, si on fait des économies ailleurs. Je pense en particulier à certains grands événements. »Marc LE DUC, Gaspard NORRITO et Vanessa RIPOCHE.
+ Selon vous, la gratuité des transports publics est-elle envisageable dans l’agglomération nantaise ? Est-elle même souhaitable ? A quoi êtes-vous prêts pour l’obtenir ? Donnez votre avis dans notre forum !