Ligue 1 : « Jamais on ne m'a dit que ma tête était sur le billot »
Michel Der Zakarian se veut serein à l'heure de retrouver cette Ligue 1 quittée au soir du 9 mai 2007, alors qu'il faisait équipe avec Japhet N'Doram. : David Adémas
FC Nantes. Entre un entraînement et la visite d'un arbitre, Michel Der Zakarian a accepté d'aborder la nouvelle saison. Un entraîneur bien vite rejoint par son adjoint, Baptiste Gentili.
Michel, avez-vous l'impression de disposer d'un groupe équilibré ?
Je pense. On a renforcé l'équipe comme on le voulait afin de trouver de la complémentarité. Nous disposons d'un groupe cohérent, capable de faire un bon championnat. C'est polyvalent ! Sur les côtés, nous avons de la vitesse, de la percussion, dans l'axe de la puissance. Techniquement, c'est d'un bon niveau. C'est pas mal !
Après, il va s'agir de toucher Ivan Klasnic...
Il aime bien participer au jeu, décrocher, jouer dans les intervalles, en une ou deux touches de balle. Il est très intelligent. Il a le sens du but, dispose d'une vitesse gestuelle de haut niveau par rapport à son gabarit et d'un bon jeu de tête. il est capable de frapper pied gauche, pied droit. Une immense palette.
Au regard de son passé et de son palmarès, êtes-vous amené à davantage échanger avec lui ?
On essaie de discuter même si je ne pratique pas trop l'anglais. On a notre petit interprète. Il aime bien communiquer, parler tactique. Des gars comme lui, Mickael (Gravgaard), sont demandeurs. Pour un entraîneur, ce sont des joueurs intéressants. Pareil pour Guirane (N'Daw).
À propos de ce dernier, on dit que ce n'est pas un vrai Africain...
C'est vrai, il est carré ! Il apprécie la discipline, il n'est pas tête en l'air. Il n'a pas cette nonchalance qui sied aux gens des Îles ou aux Africains qui ont tendance à se déconcentrer.
« Soit vous affabulez, soit quelqu'un parle... »
Chaque saison, des paires ou des triplettes ressortent du lot au niveau de la performance. De quelles associations attendez-vous beaucoup ?
De notre jeu dans les couloirs. Il va être important. On doit progresser dans ce domaine. On a montré de bonnes choses face à Rennes, malheureusement il convient de s'améliorer dans la dernière passe et dans le mouvement devant le but. Déjà, que l'on attaque plus intelligemment. Après, défensivement, on doit être meilleur à la perte du ballon car c'est souvent là que le déséquilibre s'opère, sur la fermeture des trajectoires de passes, au niveau des compensations... Bon, comme toutes les équipes, il faudra trois, quatre matches pour que tout le monde soit prêt.
Baptiste Gentili pousse la porte. L'adjoint de Michel Der Zakarian s'assoit avant de se glisser dans la discussion.
B.G. L'an dernier, il fallait quatre à cinq occasions à l'adversaire pour en mettre un ou pas du tout... Là, au bout de deux ou trois, c'est fini. Il n'y aura pas de séance de rattrapage.
Et le football spectacle prôné par les instances ?
M.D. Tout le monde en a envie mais tout dépend de la qualité technique et du mouvement. Tu t'adaptes à tes joueurs. Après, sans exigence dans le replacement, tu ne gagneras pas de matches. Le Real s'est cassé la g... pour ça. Nantes champion avec du foot panache, c'est utopique. On va essayer de construire et tendre vers le beau jeu et l'efficacité.
B.G. Je souhaite que Nantes retrouve son label, un foot pétillant, seulement ce n'est pas en claquant des doigts.
Justement, avez-vous le temps nécessaire devant vous ?
M.D. Jamais, mon président ne m'a dit : tu as trois matches devant toi. Jamais il ne m'a dit que ma tête était sur le billot. C'est vous qui attisez ! Il a déclaré : vous apprendrez avec moi et je veux être plus exigeant. Soit vous affabulez, soit quelqu'un parle... Les joueurs, ils lisent. Ils se posent la même question. Moi, franchement, dans ma tête, ça ne perturbe pas. Je fais mon métier. Après qu'on me juge sur nos prestations, que l'on dise que je suis mauvais si on ne gagne pas les matches, qu'on passe au travers. Mais là, on n'a pas encore démarré la saison !
C'est peut-être lié à la façon dont vous avez été reconduit ?
B.G. Nous, on accepte le challenge d'un an. On va essayer, je dis bien on va essayer, car au foot tu ne maîtrises pas tout, de démontrer que ces critiques ne sont pas justifiées. Mais, y en aura t-il pas d'autres ou seront-elles justifiées pour autant si cela ne fonctionne pas ? Nous, on fait notre boulot.
« Etre performant à la maison »
Peut-on faire un parallèle avec la situation de Serge Le Dizet en 2006 ?
M.D. Non, car nous avons fait part des postes où nous voulions des recrues. Il y a des joueurs que Christian nous a proposés pour lesquels nous avons dit non. De notre côté, on lui a soufflé des noms mais il n'était pas trop chaud. On a échangé. Aujourd'hui, il existe peu de clubs où l'entraîneur fait le recrutement.
Avez-vous établi un tableau de marche pour les premières rencontres ?
M.D. Quinze points sur les cinq premiers ! (rires) On se déplace cinq fois lors des huit premières journées. On ne peut pas calculer de la sorte.
B.G. Je crois qu'il faut s'attacher à être performant à la maison. C'est un constat mathématique. Il y a 57 points en jeu, c'est énorme ! Une équipe performante à domicile, elle sera forcément en confiance, ira prendre des points à l'extérieur et fera obligatoirement un bon championnat.
Recueilli par
P-Y ANSQUER et Ch. DELACROIX
Ouest-France
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