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Carnaval 2007
Édition du lundi 05 mars 2007

Les grosses têtes, de Doulon à Montréal

Elles n'ont pas encore la tête sur les épaules. Trois semaines avant le premier défilé, le public a découvert hier les figures du carnaval de Nantes.

Recherchons soudeur, électricien et couturière. L'annonce est placardée devant le char des Gais Lu'ronds nantais, au milieu des photos souvenirs des défilés précédents. A écouter Laëtitia, 27 ans, responsable de ce char, l'appel à contribution a un caractère d'urgence. Les dates du défilé approchent (dimanche 25 mars, mercredi 28 pour les enfants, samedi 31 pour la parade nocturne) et les jours ne sont plus assez longs... « C'est bien que les gens voient tout le boulot qu'il y a derrière. Nous, on commence à s'essouffler... »

Les carnavaliers en bleu de chauffe sont à l'oeuvre depuis septembre et planchent dans la bonne humeur sur le thème de l'humour, décidé conjointement avec le festival Juste pour rire de Montréal. Parce qu'après Nantes, ces grosses têtes connaîtront une seconde vie et défileront au Canada pour célébrer les 25 ans du festival.

Entre le mois d'avril et le mois de mai, les quatorze chars seront démontés puis partiront de Montoir ou d'Anvers par containers, direction Halifax. Puis via le train pour Montréal où les chars seront remontés sur place par une équipe de carnavaliers nantais, à partir de la fin juin. Quarante personnes en tout.

« Le Canada a ajouté une commande particulière », précise Pierre-François Gérard, président du Comité des fêtes. « On va construire quarante-cinq grosses têtes supplémentaires, des caricatures d'humoristes canadiens réalisées sur photos, que les Nantais ne verront pas. » Des figures en composite, cette fois, pour alléger le colis sur le bateau. Le coût de l'expédition nantaise est estimé à « 800 000 dollars, entièrement à la charge du festival canadien ». Une sacrée aventure pour les 60 ans du carnaval « contemporain ». « L'une des manifestations grand-mères de Nantes prouve qu'elle garde sa place et sait se remettre en cause. »

Isabelle LABARRE.

Ouest-France

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