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De Nantes à Saint-Nazaire

Édition du mardi 29 mai 2007

Un autre point de vue à Lavau-sur-Loire

Au milieu des marais, Lavau-sur-Loire accueille une oeuvre de l'artiste japonais Tadashi Kawamata. Un observatoire pour mieux voir la Loire et créer du lien.

Lavau-sur-Loire, ses 630 habitants, son paysage de marais isolé, son ancien café crêperie du port, et aujourd'hui son observatoire, créé par Tadashi Kawamata, pour et en lien avec la population locale.

Tadashi Kawamata, artiste japonais, a une constante, dans le monde entier : ses oeuvres sont d'abord un prétexte pour « nouer des liens avec les hommes et les femmes » dans un lieu donné. Son projet, il l'a d'abord exposé lors de réunions avec la population de Lavau. « le village m'a donné son accord. » La commune, les pêcheurs et les chasseurs, ainsi que le conservatoire du littoral, ont approuvé.

« La première fois que je suis venu ici, la situation isolée du village m'a beaucoup intéressé. » À Lavau, quand on y débarque, on voit d'abord les hautes cheminées de Cordemais, situé à 9 h. Et de l'autre côté à 3 h, il y a les cheminées de Donges. Amers remarquables, les unes et les autres balisent une nature préservée.

Le fleuve, dans cet univers, est omniprésent et pourtant invisible. Toutes les petites rivières, les étiers qui parsèment la plaine humide y mènent, mais à hauteur d'homme on ne la voit pas, la Loire. On le devine quand, là-bas, un navire défile au milieu des champs. C'est justement pour qu'on puisse l'admirer de haut que Tadashi Kawamata a eu l'idée de créer un observatoire. Son point de vue culmine à 10 m de haut, le long d'un canal qui file en Brière. Du haut de ce perchoir, le point de vue met Lavau au centre de l'estuaire.

À l'origine, Tadashi Kawamata, souhaitait que sa tour soit connectée au village distant d'environ un kilomètre par une passerelle de bois posée à travers le marais. Au final et dans un premier temps, ce cheminement ne fera guère que 100 m de long. Mais peut-être, sera-t-il prolongé, plus tard, dans un sens vers le bourg et dans l'autre, comme l'espère l'artiste, vers le fleuve.

Jeter des passerelles, au fond, tel est le rôle de Tadashi Kawamata, un artiste planétaire pour qui « la fin de l'art n'est pas de fabriquer des objets à exposer, mais d'établir une relation entre différentes personnes au cours d'un travail qui se construit en commun, jour après jour ».

Philippe GAMBERT.

Ouest-France

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