Édition du mardi 22 juillet 2008
« Tout le monde s'embrasse mais se déteste »
Précédé d'une réputation sulfureuse, le directeur technique Christian Larièpe oppose son recrutement estival aux rumeurs acides.
SKHIRAT (de notre envoyé spécial). « Tout ce qui se dit sur moi, ça me motive. Christian Larièpe n'ignore rien de la réputation qui l'accompagne. » Dans le milieu, le personnage ne laisse pas indifférent. L'homme s'est attiré des inimitiés. En substance, des détracteurs lui reprochent de sacrifier le football et ses acteurs sur l'autel de ses intérêts financiers. Le responsable du recrutement nantais dit s'accommoder des sarcasmes dont il est l'objet. « Ce n'est jamais agréable, mais dans ce milieu, il y a deux façons d'exister : soit on gesticule, soit on est efficace. »
Et le technicien de présenter son marché estival en guise de plaidoirie. Décryptage de l'intéressé. « J'aimerais que l'on parle de mes compétences. Le reste, c'est de la littérature. Dans ce milieu, il y a beaucoup d'hypocrisie. Tout le monde s'embrasse, mais en réalité, se déteste. Il y a beaucoup de jalousie. » Dans la sphère du ballon rond, ses relations de confiance se comptent sur les doigts d'une main. Arsène Wenger, Pape Diouf, les Bompard père et fils (Alain ancien président de l'AS Saint-Etienne et Alexandre, directeur d'Europe 1) et Philippe Troussier sont les noms qu'il cite spontanément.
L'illumination de Caïazzo
Ce dernier, qui réside au Maroc pendant ses vacances, a d'ailleurs invité son ami Christian Larièpe et les dirigeants nantais à partager un couscous dans sa villa de 1500 mètres carrés la semaine passée. « Oui, je travaille avec mes contacts et je le revendique. » Ses méthodes sont critiquées. Bernard Caïazzo lui a reproché d'avoir contacté directement Ilan et Guarin, sans passer au préalable par l'ASSE. « Les dirigeants stéphanois avaient fait savoir qu'ils souhaitaient se séparer de ces deux éléments. Il était naturel de les sonder pour savoir s'ils avaient la volonté de nous rejoindre. » La deuxième lame se fait plus tranchante. « Bernard Caïazzo a affirmé que Guirane N'Daw toucherait 125 000 euros mensuels au FC Nantes. Il a dû avoir une illumination. »
Quant aux propos de Pierre Wantier, directeur administratif du FC Sochaux, dénonçant les méthodes des dirigeants nantais dans le dossier N'Daw (lire O.F du 11 juillet), elles lui inspirent cette réflexion spontanée : « Je lui accorde l'excuse de l'imbécillité. Il était jaloux de notre réussite à Lausanne. » Car en fidèle lieutenant de Waldemar Kita, Christian Larièpe ne manque jamais une occasion de souligner les liens qui l'unissent à son employeur. « J'ai trouvé un président qui me donne l'occasion d'accomplir mon travail. Tu lui donnes de la matière et des arguments et il te suit. On lui reproche son omniprésence, moi, je la loue. » Sans hypocrisie, donc.
Loïc FOLLIOT.
Ouest-France