Édition du vendredi 01 août 2008
Le FC Nantes s'interroge à voix haute
Les Canaris ne sont pas prêts. À qui la faute ? Aux joueurs ou à l'entraîneur ? Que l'on soit dirigeant ou technicien, les sentiments divergent.
Si ce n'est déjà fait, les dirigeants nantais ne devraient pas tarder à ruer dans les brancards. La victoire insipide obtenue mercredi soir à La Baule, face à Lorient (1-0 grâce à un penalty de Keserü), a sonné comme une bonne piqûre de rappel à un peu plus de huit jours de l'ouverture du championnat.
Le FCN n'est pas prêt. D'ailleurs, personne ne se voile la face. Ni l'entraîneur Michel Der Zakarian : « Certains ne sont pas au niveau physiquement. D'autres doivent se faire violence. Techniquement, il faut également qu'on soit meilleur. » Voilà qui va comme un gant à Rémy Maréval, en grande difficulté dans son placement et bizarrement timide dans son implication offensive sur le flanc gauche. D'une manière générale, les deux couloirs ont déçu. Le défenseur Ibrahim Tall ne nie pas l'évidence. « Nous en avons parlé entre nous. Il y a encore du boulot. On a besoin de plus de mobilité. Nous avons affiché trop de lacunes tactiquement. On doit être plus rigoureux. Même si on n'apprend à se connaître, il ne faut pas chercher d'excuses. Si on joue comme ça, on va au-devant de désillusions. »
Souffler n'est pas joué
Une fois le constat effectué, l'origine des maux diverge sans nul doute que l'on se situe dans l'intimité du staff technique ou des bureaux présidentiels. Si Waldemar Kita et sa coterie sont persuadés du bien-fondé du triangle De Freitas-Faty-N'Daw, pas sûr qu'il placerait par exemple l'ancien Amiénois comme pointe de leur figure géométrique alors qu'ils ont crié sur tous les toits que le Sénégalais N'Daw débarquait pour jouer les sentinelles devant la défense. « Pour moi, c'est un problème d'animation, réfute le coach nantais. On l'a très mal exécuté. » Et les intéressés, qu'en pensent-ils ? De Freitas : « Le coach veut m'utiliser à la relance, après je pense être capable de faire la différence si je joue plus haut. Je trouve que cela n'a pas grande importance. » N'Daw : « Nous étions trop bas. Quand on libère David, il peut trouver plus facilement nos attaquants. Ce schéma ne va pas venir du jour au lendemain. »
Hier, beaucoup - joueurs compris - ont renvoyé la patate chaude à destination de leur entraîneur. À lui de trouver la recette miracle pour faire de cet ensemble d'individualités une équipe digne de ce nom. On pourrait pourtant tout aussi bien se demander si cet effectif est suffisamment complémentaire pour trouver le juste équilibre. Car au fond, les bonnes intentions de Stefan Babovic sont restées lettre morte. Le Serbe oublie toujours de se débarrasser de son ballon. « Il doit utiliser son dribble à bon escient dans la zone de vérité, à savoir dans les trente derniers mètres, et pas venir s'épuiser et perdre en lucidité en dribblant au milieu de terrain » a rappelé judicieusement MDZ.
Le duo Der Zakarian- Gentili est-il à même d'obtenir l'écoute de son effectif alors que les sous-entendus vont bon train et que les joueurs savent pertinemment que leurs coachs ne verront sûrement pas l'hiver ? « Inconsciemment, ça joue » glissait récemment l'un d'entre eux. De même, peut-on se satisfaire de voir Babovic davantage converser tactique avec son président ou Christian Larièpe qu'avec son entraîneur ? Assurément non. Hier soir, Michel Der Zakarian et son staff avait réservé une table dans un restaurant du centre-ville. Christian Larièpe dînait pour sa part aux Sables d'Olonne avec Claude Robin. Le football à la nantaise ne supporte pas la cacophonie.
Christophe DELACROIX.
Ouest-France