Édition du lundi 11 août 2008
Les Canaris cherchent encore le plan de vol
En Bourgogne, le FC Nantes a peiné dans la construction. La solitude de Klasnic peut-elle être rompue en l'état ?
D'un côté, il y a deux nouveaux « bugs » défensifs. Ils coûtent cher, très cher même, et s'inscrivent surtout dans la continuité de celui du match amical contre Rennes. Mais ce n'est peut-être pas le plus important à retenir de la soirée auxerroise. Car cela ne pourra pas arriver tous les week-ends. Si cela devait être le cas, de toute façon, c'est clair, les Canaris pourront se préparer à rejouer le vendredi et le lundi la saison prochaine.
D'un autre côté, il y a cette copie offensive nuancée. Nantes a eu le ballon plus souvent qu'Auxerre, mais à l'arrivée, tout en le faisant plus vivre, l'a moins bien utilisé. Quand l'AJA est sorti de sa coquille, c'était pour emprunter des circuits de jeu préparés, automatisés. En revanche, le FCN a semblé chercher, tâtonner lorsqu'il s'est agi de s'approcher de la surface de Riou. D'ailleurs, Michel Der Zakarian reconnaissait avoir eu « du mal à mettre du danger, à part sur des frappes de loin ». Ivan Klasnic a attendu patiemment des ballons qui ne lui sont jamais arrivés. Au point que le Croate a semblé esseulé. « C'est un peu le constat qu'on peut faire sur ce match, convient l'entraîneur. Mais c'est aux joueurs autour de l'accompagner. À un moment donné, il faut y aller. »
Une recrue pour épauler Klasnic ?
MDZ, qui parle là de Babovic ou d'Abdoun, est persuadé « qu'ils en sont capables ». Christian Larièpe corrobore : « J'attends d'eux qu'ils mettent le feu. Je suis sûr d'une chose, c'est que ces deux-là ont du potentiel. C'est le pari de la jeunesse. » Mais ce pari suppose qu'ils progressent. Il appartient donc à Der Zakarian et son adjoint, Gentili, de les tirer vers le haut, quotidiennement, et de leur proposer un plan de jeu clair. Car leur demander de « se lâcher » ne suffira pas.
Néanmoins, Nantes, comme tout promu, n'a pas énormément de temps pour prendre le rythme de la Ligue 1. Car la confiance descendra par l'ascenseur et remontera par l'escalier. Dès lors, les dirigeants, qui ne croient pas beaucoup à des éléments comme Dossevi ou Goussé, à ce niveau, peuvent-ils avoir la tentation de recruter un joueur opérationnel immédiatement autour du Croate, puisque « l'équipe a été bâtie autour de Klasnic » ? Michel Der Zakarian ne le réclame pas : « On n'en est pas encore là aujourd'hui. »
Le directeur technique replace, lui, le débat dans son contexte. « On peut améliorer l'effectif, estime-t-il. Mais on va se retrouver avec combien de joueurs ? Il faut d'abord dégraisser. » Ce n'est en tout cas « pas un problème financier », précise-t-il, ce que l'on croit volontiers, la vente quasi mirifique de Wilhelmsson ayant ménagé une petite poire pour la soif. Mais Christian Larièpe veut de toute façon se donner le temps. « Il faut qu'ils apprennent (NDLR : les jeunes milieux) à comprendre les courses de Klasnic. » Par ailleurs, il défend l'idée qu'il y aura « une équipe avec, et une équipe sans N'Daw (NDLR : suspendu à Auxerre). Sa présence libérera un deuxième milieu pour la création, pour acheminer à bon port les ballons de Klasnic. »
Le prisme d'un match étant inévitablement déformant, Larièpe, qui se reproche de n'avoir pas organisé « plus de matches amicaux », propose donc une extension de garantie. « On fera les premiers constats au bout de quatre matches. On aura alors rencontré du très bon (Bordeaux), du bon (Monaco) et du plus faible (Auxerre et Le Mans). » Mais le mercato fermera ses portes au lendemain de la quatrième journée...
P.-Y. A. (avec C. D.)
Ouest-France