Édition du dimanche 10 août 2008
Les Nantais se tirent deux balles dans le pied
Ligue 1. Auxerre - Nantes : 2-1. Deux erreurs grossières ont compromis une prestation collective honnête. Impression de déjà vu...
AUXERRE. Dur retour à la Ligue 1 pour les Nantais. À Auxerre, ils ont subi une première défaite (2-1) qui pourra chagriner leurs partisans et, en premier lieu, leur état-major. Car s'ils n'ont pas été mauvais, ils n'ont pas su rompre avec deux rengaines. Celle qui veut qu'à l'Abbé-Deschamps, une domination non concrétisée tourne souvent mal. Celle surtout, qui leur colle aux crampons depuis les matches amicaux : une tendance à se donner l'illusion de contrôler le match, avant d'en céder le bénéfice sur des erreurs individuelles. Celles d'hier sont à mettre au débit de Das Neves, en cause sur l'ouverture du score, et de Tony Heurtebis, fautif sur la deuxième réalisation ajaïste. Deux boulettes, à ce niveau, c'est bien entendu trop pour espérer gagner un match ou même tirer un nul. Et cela gomme forcément la confiance qui aurait pu surgir des bonnes séquences. Dommage. D'autant que ce résultat liminaire mettra sous pression dès samedi prochain à la Beaujoire contre Monaco, un groupe et un entraîneur auxquels un premier point aurait donné de l'air.
Si les Auxerrois ont été les premiers à approcher le but adverse, la domination territoriale n'a pourtant pas tardé à pencher côté nantais. Le milieu de terrain des Canaris prenait en effet possession du ballon. Pas toujours pour en faire un usage très limpide, mais au moins sentait-on une recherche permanente du décalage, un mouvement continu porté par des courses croisées. Abdoun et Babovic semblaient d'ailleurs avoir mis un mouchoir sur leur algarade de jeudi. Si bien qu'au terme de la première période, le FC Nantes pouvait pour ainsi dire revendiquer un nombre d'occasion équivalent à celui d'Auxerre, plus parcimonieux dans ses aventures offensives. Mais plus tranchant aussi. Car si Riou avait dû capter une frappe pleins gants de Faty (12e) et un coup-franc de Klasnic (34e), il avait aussi vu passer une audacieuse tentative de Babovic assez loin de sa lucarne (32e).
A contrario, Heurtebis s'était réjoui deux fois de voir les têtes de Coulibaly passer au-dessus (5e, 31e) mais avait surtout dû sortir le grand jeu. C'était face à Jelen. Le premier des deux face-à-face de la 36e minute entre l'attaquant polonais et le gardien nantais était remporté par ce dernier d'une belle sortie. Mais le deuxième tournait vinaigre pour le FC Nantes. Das Neves, que Der Zakarian devait sortir juste avant la mi-temps, oubliait Ireneusz (doux prénom polonais). 22, le buteur surgissait et plaçait sa tête pour donner à l'AJA un avantage d'un but dans ce match dirigé depuis la 23e minute par Alban Hung, Didier Falcone ayant dû rendre son sifflet sur blessure.
Égalisation de De Freitas
A la pause, l'entraîneur nantais revoyait ses plans. Il sortait Capoue qui cédait son côté à Babovic, Djordjevic prenant l'axe. Un nouvel équilibre se mettait en place. Moins virevoltant, mais plus rationnel. Il ne procurait néanmoins pas davantage de munitions à Klasnic dont les gestes de classe (contrôles, remises...) se tenaient trop éloignés de la surface. La possession de balle tendait à se répartir plus équitablement. Mais, comme en première période, quand Auxerre appuyait sur l'accélérateur, c'était plus clair, plus net, plus affirmé, à l'image de ce centre de Dudka pour Quercia (59e) également auteur d'une bonne frappe (63e).
Dans un système lui laissant plus de champ devant lui, David De Freitas allait toutefois relancer le match. De 25 m il décochait une frappe magnifique pour égaliser, à la 68e minute. Au bon moment, pensait-on. Trop rapidement toutefois, le FCN allait relâcher l'emprise, sur une... faute individuelle. Tony Heurtebis appréciait mal un long centre venu de la gauche et laissait à Quercia, dans son dos, le loisir d'ajuster un plat du pied (2-1, 75e). Un coup rude dont la formation du président Kita ne se remit jamais vraiment. Car elle laissa couler le dernier quart d'heure sans parvenir à bouger un milieu et une défense adverses attentifs juste ce qu'il faut. Une dernière frappe d'Abdoun porta bien un petit frisson sur l'échine des supporters de l'AJA (90+1) mais elle ne connut pas la même réussite que celle de De Freitas.
Quand on se tire deux balles dans le pied, on ne peut pas solliciter deux fois les urgences dans la même soirée. Pas en Ligue 1 du moins.
Pierre-Yves ANSQUER.
AUXERRE - NANTES : 2-1 (1-0).
Arbitre : M. Falcone. 15 000 spectateurs environ.
BUTS. Auxerre : Jelen (36e), Quercia (72e). Nantes : De Freitas (68e).
AVERTISSEMENTS. Mignot (54e), Quercia (82e) pour Auxerre.
AUXERRE : Riou - Hengbart, Coulibaly, Mignot, Grichting - Quercia (Narry, 86e), Pedretti, Dudka, Lejeune - Jelen, Oliech (Chafni, 58e). Entraîneur : J. Fernandez.
NANTES : Heurtebis - Das Neves (Moullec, 45+1), Pierre, Gravgaard, Guillon - Abdoun, De Freitas, Faty, Capoue (Djordjevic, 46e) - Babovic, Klasnic (Keserü, 82e). Entraîneur : M. Der Zakarian.
Non utilisés : N'Dy Assembé (g), Maréval, Douglao, Vainqueur.
Ouest-France