Édition du samedi 30 août 2008
Trois journées et le FC Nantes est déjà à flux tendu
Ligue 1. FC Nantes - Le Mans. 19e et toujours à la recherche de sa première victoire, le FC Nantes, après une semaine agitée, reçoit Le Mans. Déjà sous pression, il n'a pas le droit à la défaite.
La semaine du FC Nantes n'avait pas commencée que déjà tout le monde souhaitait qu'elle se termine... Dimanche: défaite à Bordeaux. Lundi: rencontre avec Alain Perrin à Paris et Abdoun apprend que son péroné est fracturé. Mardi: limogeage de Michel Der Zakarian. Mercredi: annonce de la non-venue d'Alain Perrin. Jeudi: Waldemar Kita cherche un plan B. Et vendredi: séance d'entraînement à la Beaujoire avec un blessé de plus à l'infirmerie, Ricardo Faty. Ouf!
Une semaine d'incertitudes, de flou et de rumeurs Une semaine de « crise » en somme. Le mot est employé par Grégory Cerdan, stoppeur du Mans et donc observateur attentif de l'actualité de son voisin.
Dans ce contexte, c'est donc une équipe à flux tendu qui se présentera tout à l'heure sur la pelouse de la Beaujoire. Christian Larièpe, qui n'a pas vocation à entraîner à long terme une équipe qu'il a en partie bâtie, doit, en plus de prendre ses marques et imposer ses idées, réussir son coup. Une défaite ce soir alors que le FCN, déjà relégable, n'a pas encore gagné un match en trois sorties, salirait un peu plus le décor.
« Pas de miracle »
« Je ne fais pas de miracle, tempère le coach nantais. J'ai mes idées, mes fondamentaux. Je n'ai pas beaucoup de temps pour les mettre en place mais j'essaye. En attendant, je ne vais pas tout changer, comme ça, en seulement quatre jours. C'est déraisonné. »
Le nouveau technicien ne veut pas non plus ne rien changer. « J'ai l'avantage d'avoir vu les trois premiers matches avec un oeil l'extérieur et donc ce qui n'allait pas. Nous avons plus réagi que nous n'avons agi. Et ce n'est pas normal ni logique que Bordeaux ou Monaco aient plus d'enthousiasme que nous. Il faut que les joueurs se remettent en question. L'entraîneur est parti, mais il faut qu'ils soient face à leurs responsabilités eux aussi. Fini le bla-bla : c'est le résultat qui compte, peu importe qui tu es. »
Le baptème de Barré
Sans révolutionner, Christian Larièpe a apposé sa touche sur le groupe. Nicolas Goussé, par exemple, le réintègre lui qui avait été laissé à l'écart par Michel Der Zakarian. La défense est le gros point noir de l'équipe depuis l'ouverture, alors il en change la structure. Jean-Jacques Pierre absent, Guillon, Poulard et Douglao postulaient à une place de titulaire aux côtés de Gravgaard: ce devrait être le jeune Kevin Barré, produit de la formation nantaise et passé pro à l'intersaison, qui fêtera son premier match en équipe première. En attaque, l'association Keserü-Klasnic manque de variété dans les profils et ne favorise pas la profondeur, alors il devrait titulariser Christian Bekamenga avec l'attaquant croate. Trois autres attaquants sont sur le banc, semblant orienter Nantes vers un style offensif, il est vrai attendu, par la force des choses, les Canaris sentant, déjà, l'obligation de gagner sur leurs épaules. « Nantes va certainement vouloir réagir, reprend le défenseur du MUC 72. Devant son public et contre nous, le voisin ligérien, cela mettrait l'équipe en difficulté si elle perdait. » Son entraîneur, Yves Bertucci élargit le débat: « Nantes a des soucis, mais cela ne regarde qu'eux. Pour nous, l'essentiel est de ne pas oublier les valeurs qui nous ont permis de remporter nos deux derniers matches. » Des valeurs que Christian Larièpe a essayé de rappeler: « ce n'est pas parce qu'on porte le maillot du FC Nantes que l'on gagne. C'est parce qu'on court plus, plus vite et plus longtemps. Il faut retrouver l'enthousiasme, remettre les choses en place, se dire les choses dans les yeux. »
Raphaël BONAMY (avec A.B.).
Ouest-France