Édition du dimanche 17 août 2008
Un point, c'est toujours mieux que zéro...
Nantes-Monaco : 1-1. Absents pendant une heure, les Canaris ont sauvé les apparences sur la fin et le point du match nul.
Les supporters canaris ne sont pas des gens pressés. Après dix-sept mois d'attente, la première victoire nantaise à La Beaujoire en Ligue 1 patientera bien encore quelques jours. Si Claudiu Keserü avait un pied droit, la formation de Michel Der Zakarian aurait pu réaliser un très beau hold-up dans le temps additionnel. La passe millimétrée d'Ivan Klasnic méritait meilleur sort. L'association du jeune Roumain et du buteur Croate pourrait figurer au rang des rares satisfactions nantaises, au même titre que la combativité affichée à l'heure de jeu.
Comme l'a si bien dit Frédéric Da Rocha, « le football réclame simplicité, intelligence, mobilité et générosité. » Avant l'entrée en jeu de ses poilus, Frédéric Da Rocha et Guillaume Moullec, le FC Nantes n'avait rien de tout ça.
Le souffle des anciens
Il pouvait même s'estimer heureux d'avoir rejoint les vestiaires sous les sifflets mais surtout avec seulement un petit but de retard. « On a frisé la correctionnelle », avouait d'ailleurs Michel Der Zakarian. « On a encore pris un but sur lequel nous ne sommes pas attentifs, ni au départ de l'action, ni à la conclusion. » L'entraîneur nantais fait référence à ce corner joué rapidement à deux comme à Auxerre. D'ailleurs la suite de l'action a ressemblé étrangement au but encaissé en Bourgogne. Jean-Jacques Pierre trop court, Heurtebis enrhumé trop facilement en ne se jetant pas dans les pieds de Leko et Douglao absent au marquage de Mériem (0-1 à la 4'). « Notre équipe était coupée en deux. Les milieux étaient collés à la défense et on n'arrivait pas à tenir le ballon devant », regrettait MDZ. Le technicien nantais avait aussi sa part de responsabilité.
En alignant le Brésilien Douglao sur le flanc droit, il n'a pas contribué à rassurer sa défense et à lui permettre de s'aligner correctement sur le Danois Gravgaard. « Je me suis dit qu'il pouvait apporter de la tête et sur coup de pied arrêté mais il a souffert dans sa lecture du jeu défensif. On a tenté un coup. Il aurait pu réussir. Il ne faut pas accabler Douglao. » Côté recrues, Douglao n'est pas le seul à être passé à côté de son match. Léthargique dans l'entre-jeu, le Sénégalais N'Daw n'a pas contribué à la récupération du ballon dans de bonnes conditions. « C'est étrange car nous avions l'envie de bien faire mais la nervosité et la fébrilité ont pris le dessus, notamment chez les nouveaux », relatait fort justement Ricardo Faty, meilleur joueur à Auxerre mais sur le banc au coup d'envoi.
Encore bien naïfs
La naïveté était également un péché collectif hier soir, heureusement les anciens ont secoué le cocotier et Michel Der Zakarian a replâtré un collectif pas très cohérent. « J'ai mis Claudiu (Keserü) devant car Stefan (Babovic) décrochait trop, ainsi on a mieux gardé le ballon. Auparavant, on n'avait pas su jouer vers l'avant et faire bloc. Tout le monde a mieux travaillé, on était moins passifs dans l'acte défensif », se félicitait justement Michel Der Zakarian, qui n'oublie pas pour autant que Nantes ne possède à ce jour qu'un petit point. « Si nous n'en avons pas davantage, c'est que nous avons oublié des choses. »
Beaucoup de choses, serions-nous tentés de rajouter. « Nous sommes encore en phase d'apprentissage », a bien précisé Tony Heurtebis dont la copie comporte toujours une petite tâche au final. Avant d'aller à Bordeaux, il serait de bon ton de gommer, au moins, les grossières fautes.
Christophe DELACROIX.
Ouest-France