Édition du jeudi 30 octobre 2008

Le FCN rate le hold-up parfait

Dominé de la tête et des épaules par les Marseillais, le FCN a pourtant cru, grâce à un coup de génie de Maréval, pouvoir s'offrir le scalp de l'OM. Il se contentera d'un match nul (1-1), tout aussi miraculeux.

On connaissait le « gang des postiches. » Le stade de la Beaujoire a bien failli, hier soir, fêter l'acte de création du « gang des Canaris » Jusqu'à la maudite 78e minute, ces derniers ont bien cru, en effet, pouvoir récolter un magot à faire pâlir Jérome Kerviel, illustre trader de la Société Générale : trois points face à Marseille

Acculés sur leur but, incapables de se projeter vers l'avant, faute de profondeur, les coéquipiers de Gravgaard - métamorphosé par rapport à Lorient -, étaient alors en train d'écrire une histoire à la Carquefolienne, défendant vaillamment un but gardé par l'impeccable Heurtebis.

Et puis Koné, sur une action confuse (Klasnic se tenait allongé dans la surface olympienne) mis fin aux rêves de braquage initiés par Maréval.

Dommage, car dans le rôle du braqueur en chef, le latéral gauche avait, juste avant la mi-temps, réussit un coup d'esthète, dynamisant proprement le coffre-fort de Mandanda. Petit flash-back.

Le missile de Maréval

Nous jouions la 44e minute. Le match ressemblait déjà à de la pure attaque-défense, quand le FCN obtint un corner. Le ballon tiré par De Freitas au premier poteau fut repoussé aux 30 mètres où l'attendait sagement Maréval.

Spontanément, celui-ci se précipita et décocha un véritable « Scud » de l'extérieur du pied allant directement se nicher dans ce que l'on appelle communément la toile d'araignée accrochée à la lucarne. Un vrai but d'anthologie, une frappe d'orfèvre méritant mille fois les hourras d'une tribune tout à la fois subjuguée et médusée. À quelques secondes du repos, les Canaris s'avançaient vers l'exploit, tandis que Gerets revoyait soudain passer ses pires cauchemars (défaite 4-1 sous les couleurs du PSV, un certain 11 septembre 2001 et la gifle carquefolienne)...

« Contre une équipe qui ne fait que défendre, nous sommes toujours à la merci d'un contre, raconte l'entraîneur phocéen. On avait le match en mains, et puis il y a eu ce « goal » fantastique. Un « shoot » comme on n'en voit que tous les trois ans ! J'espère pour lui qu'il en marquera d'autres. » Souhait partagé.

« Au courage »

Car pour le reste, les supporters durent se contenter des multiples exploits d'Heurtebis (15e, 87e, 88e) en guise de vibration. Combatif mais limité face à une formation autrement plus séduisante, le club nantais s'en est remis « au courage », tel que l'explique Elie Baup, conscient du monde séparant encore les Jaunes de l'OM.

« On s'est battu avec beaucoup de solidarité, poursuit l'homme à la casquette. L'investissement a été total. Maintenant, on lutte aussi avec nos moyens. Si on m'avait dit qu'on décrocherait le nul, j'aurais été ravi. Même si pour le moment, j'ai quelques regrets au vu du scénario. »

Pas loin de dérober les joyaux de la couronne, le FCN n'est reparti qu'avec quelques parures. En ces temps de crise, c'est déjà énorme.

Etienne Kiss
Presse-Océan

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