Édition du vendredi 01 août 2008
Le FC Nantes kidnappe ses Serbes
La comparution de Radovan Karadzic devant le tribunal pénal international (TIP) de La Haye a relayé les Jeux Olympiques de Pékin aux pages intérieures des médias serbes.
Pour autant, elle ne prive pas d'imagination la presse de Belgrade. « Le FC Nantes a « enlevé » Babovic et Djordjevic avant qu'ils ne montent dans l'avion ! » (Mondo) ou encore « Les sanctions probables : interdiction de faire jouer les joueurs jusqu'à la fin des JO avec même une période supplémentaire pouvant aller jusqu'à janvier, interdiction de vendre les joueurs. Les clubs devront verser 1 million € par joueur bloqué ! » (b92.net).
Ces derniers vont peut-être un peu vite en besogne. En effet, si Stefan Babovic et Filip Djordjevic n'ont pas répondu à la convocation de la fédération serbe contrairement à Tosic (Werder Brême) et Kacar (Hertha Berlin), eux aussi récalcitrant dans un premier temps, le FC Nantes ne s'expose pas obligatoirement à des sanctions. « En théorie, il faut que la FIFA soit saisie d'une réclamation émanant d'une fédération nationale (en l'occurrence la Serbie) ou d'un club adversaire s'estimant lésé (pourquoi pas l'A.J.Auxerre ?) pour ouvrir une procédure. C'est du moins ce qu'il s'est toujours passé jusqu'ici », rappelle-t-on du côté de Zurich.
La Fédération Serbe de Football, elle, n'entend pas entrer dans la bataille. « Nous ne souhaitons pas polémiquer car au final, ce sont les joueurs qui sont pris en otage », résume Alexander Boskovic, porte-parole de la délégation serbe. Il n'oublie toutefois pas de prêcher pour sa paroisse. « Nous avons parlé aux joueurs, ils veulent venir. Mais ils souhaitent surtout ne pas se fâcher avec leur club. Nous allons donc tous faire pour qu'ils viennent en nous appuyant sur les décisions de la FIFA. »
À la Jonelière, on est bien décidé à jouer la montre. En fait, il est pratiquement arrêté que Babovic et Djordjevic n'iront jamais à Pékin. Les dirigeants préfèrent en effet les voir s'entraîner au milieu de leurs partenaires que respirer l'air impur chinois, même s'ils doivent être privés de compétition durant les JO. Le temps joue en leur faveur. Saisi par Schalke 04, le Werder Brême et le FC Barcelone, suite à la décision rendue par le Juge unique de la Commission du Statut du Joueur de la FIFA (obligation de libérer les joueurs de moins de 23 ans retenus), le Tribunal arbitral du sport (TAS) rendra en effet son verdict le 4 août.
Ouest-France