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FC Nantes-Atlantique
Édition du lundi 28 mai 2007

Des responsabilités partagées, mais hiérarchisées

Après la saison la plus catastrophique de l'histoire du club, les Nantais joueront l'an prochain en Ligue 2. A qui la faute ?

C'est une fin de saison tristement symbolique. Même lorsqu'ils auront été dignes et impliqués, les Nantais auront réussi à faire parler d'eux. Car alors qu'ils pouvaient se montrer soulagés, en quelque sorte, de n'avoir pas bu la tasse à Gerland, samedi soir, et de pouvoir ainsi s'éclipser discrètement, les autres résultats les ont replacés au coeur des commentaires. Comme on pouvait le redouter, l'envahissement de terrain de supporters poussés à bout par une saison invraisemblable aura finalement faussé la donne dans la course à l'Europe.

La postface d'un feuilleton de dix mois. Une dégringolade tapageuse où tout le monde aura eu sa part de responsabilité. Tout le monde, c'est-à-dire les trois principaux corps de métiers d'un club. Avec, en premier lieu, les joueurs, si l'on part du bas de la pyramide. Les ouvriers de luxe de l'entreprise FC Nantes auront montré bien trop d'inconstance dans leur investissement pour pouvoir prétendre à autre chose qu'un long calvaire en queue de peloton. Car si le verdict implacable des résultats les place, au bout de 38 journées, à la dernière place, avec 9 points de retard sur le premier non relégable, on ne peut s'empêcher de penser que le potentiel de ce groupe était tout de même supérieur.

On en arrive là à la responsabilité des entraîneurs. Ils auront été au nombre de quatre, cette saison. Serge Le Dizet, qui a très (trop ?) vite décroché. Georges Eo, qui n'a pas su conduire la moindre rupture. Et les deux derniers, Michel Der Zakarian et Japhet N'Doram, associés pour sauver ce qui pouvait encore l'être. Des techniciens qui auront partagé un même manque d'originalité dans leurs méthodes de travail et qui n'auront pas su (le pouvaient-ils ?) regagner la crédibilité suffisante pour assurer l'indispensable contrepoids dans cette maison jaune où les dirigeants ont cru pouvoir tout maîtriser, ou tout corriger.

Car leur faire porter le chapeau peut passer, à la longue, pour de l'acharnement médiatique. Mais ce sont bien eux qui occupent les postes dits à responsabilités. Et si celles-ci, à l'heure de dresser le constat d'échec, sont partagées, elles sont aussi hiérarchisées. Ce sont eux, Rudi Roussillon et Jean-Luc Gripond, et personne d'autre, qui devaient retisser le lien de confiance entre les trois strates de la réussite d'un club, tracer les lignes d'un projet mobilisateur, en sachant rester dans leurs rôles respectifs. Le secret du « management », ce mot souvent galvaudé, n'est-il pas de placer les bons hommes aux bons postes ? Car la principale qualité d'un décideur n'est pas de tout savoir faire, mais de s'entourer des personnes compétentes et de leur confier les pleins pouvoirs dans leurs domaines de prédilection.

Mais c'était manifestement au-dessus des forces d'une paire de « managers » qui a sans doute commis l'erreur de croire que, lorsqu'on vient de la Formule 1 ou de l'aéronautique, le football est un business simple. Un vilain petit complexe de supériorité qui coûte cher. Car quand on se repasse le film des dernières années, et particulièrement celui des derniers mois, la réalité dépasse l'affliction.

Pierre-Yves ANSQUER.

Ouest-France

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