« La Loire n'était pas une frontière, mais au contraire créait le lien ». La Loire ? A l'époque, Trentemoult était un rocher qui émergeait du fleuve. D'une île à l'autre, « elles étaient sans doute nombreuses », on franchissait la Loire avec des bateaux plats, par des ponts en bois ou par des chaussées que la marée dégageait... Nantes ne serait pas, loin de là , la seule ville « traversée » par un fleuve. (Vienne sur le Rhône ou Séville sur le Guadalquivir sont dans ce cas).
Mais ce fleuve Loire ajoute à la complexité. La Loire suit son cours selon ses humeurs. On le sait, il y a 2000 ans, Trentemoult était une île. Le Seil n'était sans doute pas un bras du fleuve, mais l'estuaire de la Sèvre. Quant à la rive nord, elle était trop marécageuse pour accueillir un port. Le travail des scientifiques, comme par exemple l'Ancenien Loïc Ménanteau, qui connaît tous les remous et les caprices du fleuve, est alors très utile.
Tous les chercheurs ne partagent pas l'avis de Jacques Santrot. « Ophélie de Péretti, l'archéologue de la ville de Rezé et moi, nous avons parfois des lectures différentes. C'est très bien ». Jacques et Marie-Hélène Santrot ont « à chaque fois des interrogations nouvelles. On doit interpréter et réinterpréter les travaux précédents »
Ainsi, concernant les récentes fouilles sur le site de Ratiatum, Jacques et Marie-Hélène Santrot n'ont pas d'idées définitives et s'interrogent : « Qu'appelle-on une façade monumentale ? ». Ils doutent aussi des premières conclusions concernant le bois trouvé : « C'est une poutre qui n'a pas la forme d'une canalisation ou d'un caniveau ».