Écoles en grève : un accueil très minimum
Sujet sensible: les grèves d'enseignants confrontent les parents qui travaillent, et souvent les plus modestes, à des complications en matière de garde d'enfants. : Archives Ouest-France.
A Nantes, l'opposition fustige l'absence de service minimum d'accueil pour les enfants un jour de grève. Mais les villes de droite ne font guère mieux.
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En prévision de la grève des enseignants aujourd'hui, l'UMP, relayant le ministre de l'Éducation Xavier Darcos, a appelé dimanche ses élus locaux à soutenir la mise en place du service minimum dans leurs collectivités. Dans la communauté urbaine de Nantes, il semble que le message, pourtant soutenu par une très grande majorité de parents, n'ait pas rencontré un écho favorable.
Pas de surprise à gauche, de Couëron à Mauves-sur-Loire en passant par Saint-Herblain il s'agit, comme à Nantes, de ne rien faire afin « de ne pas apparaître comme des briseurs de grève ». Le PS ne souhaite pas se trouver en porte-à-faux avec les grévistes enseignants.
L'argument, sans doute un peu court il est vrai, est réfuté par Sophie Jozan, la présidente du groupe d'opposition Ensemble pour Nantes : « Il serait regrettable qu'à l'absence d'enseignement pour les enfants, s'ajoute l'obligation de trouver des solutions de garde alternative. Il s'agit avant tout d'une question de solidarité. » Elle en profite pour fustiger l'attitude de Jean-Marc Ayrault, le maire de Nantes : « Les municipalités de gauche qui refusent d'aménager ce service minimum, sont en contradiction avec leurs valeurs. Il ne s'agit pas de briser le droit de grève mais d'assurer l'accueil des enfants. »
Un système intelligent
La leçon porterait sans doute davantage si, en la matière, les municipalités plus proches de la majorité présidentielle avaient montré l'exemple, ce qui est loin d'être le cas. À dire vrai, aucune n'est entrée dans le dispositif ministériel, même Vertou qui pourtant est une des rares communes à avoir mis en place un dispositif. « Nous n'avons pas signé de convention avec l'État pour une aumône à 90 €, et les objectifs ne sont pas clairs », souligne le maire, Laurent Dejoie. Il a cependant ouvert un centre aéré. « C'est un service d'urgence pour les familles qui ne peuvent faire autrement, mais il faut un pique-nique. »
Sur les quatre établissements de la commune, deux sont totalement fermés. « Personne ne doit prendre en otage personne. Il faudrait une solution négociée au niveau national avec l'association des maires de France. » À Saint-Sébastien, la ville considère qu'elle n'a pas à « se substituer aux enseignants », tandis que Carquefou évoque l'insuffisance de ses ressources. À Basse-Goulaine, le maire, Alain Vey entend entrer en discussion avec les enseignants et les parents dès la fin de la semaine, « pour tenter de mettre en place un système intelligent, et ne plus être ainsi entre le marteau et l'enclume ».
À Orvault, Joseph Parpaillon ne rejette pas l'idée d'un système d'accueil des enfants les jours de grève, mais il entend prendre son temps pour mettre en place un dispositif fiable. « Nous y réfléchissons et nous serons prêts pour la rentrée 2008-2009. Mais il est techniquement impossible d'organiser un tel dispositif en quelques jours quand on a huit groupes scolaires. » Si le service minimum d'accueil est devenu un enjeu politique, il n'est pas ce certain que ce débat intéresse vraiment les parents.
Camille GUILLEMOIS.
Ouest-France